et
de plus en plus accros, au détriment de la TV
- Chéri, le film commence !
- Pas le temps, je surfe sur internet, regarde sans moi…
Voilà bien une réplique qui risque de se banaliser
de plus en plus ...
Voici encore peu, nos heures d’Internet étaient
comptées et il fallait rester dans les limites du forfait
choisi (10, 20 ou 40 heures par mois) ou se mordre les doigts
quand arrivait la facture, avec des heures supplémentaires
au prix fort... Aujourd’hui, avec l’essor de l’ADSL,
facturé à des prix semblables à nos anciens
forfaits 40 heures/mois précités pour une durée
quasi illimitée, les internautes ne s’autocensurent
plus et passent donc de plus en plus d’heures sur le
Web.
Un sondage récent réalisé aux USA nous
apprend que plus de 26 % d’internautes américains
passent plus de temps devant Internet que devant le petit
écran de la télévision. Et contrairement
à toute attente, ce ne sont pas les moins de 18 ans
et les jeunes de 18 à 24 ans qui délaissent
le plus volontiers le petit écran. Les 25-44 ans sont
43 % à privilégier le Web et un tiers des seniors
boudent la TV au profit de la toile. Une enquête de
même type menée en région parisienne en
octobre 2003 a par ailleurs confirmé cette tendance
chez nous aussi.
Par ailleurs, le nombre d’internautes est en croissance
régulière. Selon des sources récentes,
ils sont 30 millions en Allemagne pour une population totale
de 83 millions, 24 millions en Grande-Bretagne pour 59 millions
de citoyens britanniques ou 4,6 millions de Suédois
sur un total de 8,9 millions. En Belgique, 3,2 millions de
nos 10,3 millions de concitoyens sont internautes. Soit, pour
une Europe des quinze comptant 379 millions de citoyens, 126
millions de mordus d’Internet ! Et avec l’élargissement,
mi-2004, à dix nouveaux membres, l’Europe des
25 comptera 75 millions de citoyens supplémentaires,
parmi lesquels, actuellement, 12 % sont déjà
internautes (avec des situations très différentes
d’un pays à l’autre : si seuls 9,7 % des
Polonais sont déjà branchés, l’Estonie
ou la Slovénie affichent des taux supérieurs
à 30 %). De plus, dans ces nouveaux venus de la Communauté
européenne, le taux de croissance risque de s’accélérer.
En juin 2004, nous serons donc plus de 135 millions d’Européens
férus d’Internet et les perspectives de croissance
positionnent dorénavant l’Union européenne
largement devant les Etats-Unis.
Une croissance formidable que le Parlement européen
ne devra pas oublier de gérer efficacement, en ayant
notamment le courage de légiférer utilement
face aux pourriels*, pubs envahissantes en tous genres,
pornographies intempestives et autres dérives qui pourraient,
si l’on n’y prenait garde, nous gâcher définitivement
le plaisir de surfer d’un bout à l’autre
de notre planète bleue.
* Pourriel : courriel pourri, appelé en anglais spams
– le sujet de notre prochaine chronique Internet