Deux institutrices de Folx-les-Caves, un petit
village du Brabant wallon, proposaient pour la journée
du Patrimoine un voyage au fil de la vie. Leurs modèles:
les époux René et Alice Stas-Bourguignon,
le couple le plus ancien du village. A l’heure où l’on regrettait que
les journées du Patrimoine n’aient attiré que
450.000 visiteurs (contre 490.000 en 2005), il est des initiatives
qui méritent le détour, même quand le
thème annuel (la citoyenneté) peut apparaître
ingrat aux yeux de certains.
Deux baby-boomeuses, Anne Ghenne et Liliane Mathieu, toutes
deux institutrices à Folx-les-Caves, ont réussi à franchir
l’obstacle de manière originale. Elles ont organisé un
baptême à l’ancienne, comme juste à après
la Grande Guerre, suivi d’une dictée à la
plume Ballon et conclu d’un repas de noces comme sous
l’Occupation 40-45.
«
Les traces du passé sont en train de se perdre, regrettaient Anne
Ghenne. Il est bon pourtant que nos élèves, et aussi leurs parents,
sachent ce qu’était la vie autrefois. Comme René et Alice
Stas sont nés tous les deux en 1919, nous nous sommes renseignées
chez eux. Leur vie a été le fil de cette journée… »
C’est vers 11h, sur le parvis de l’église Saints-Pierre-et-Paul,
que le curé du village Télesphore Nyandwi a accueilli ceux qui
jouaient les rôles du père de l’enfant et de sa marraine.
Quant au nouveau-né, une poupée fit l’affaire... « Le
baptême était naguère plus long qu’aujourd’hui,
expliqua le curé. Il se déroulait en cinq étapes, du parvis
au baptistère. »
En début d’après-midi eut lieu à l’école
communale la dictée à la plume. Horreur ! le succès fut
si inattendu qu’il manqua des plumes. Heureusement, les deux institutrices
avaient tout prévu. Bientôt une trentaine de personnes purent se
lancer, sous la dictée de M. Raymond Etien, un ancien instituteur, à l’assaut
de l’Hymne à la Joie… Un beau sujet, mais sur lequel jeunes
et moins jeunes séchèrent un peu.
Après une courte récréation, tout le monde se retrouva autour
d’une bonne table, à la ferme Marot, pour déguster les produits
nature.
«
Quand Alice et René se sont mariés, expliquait Anne Ghenne,
ils ne manquaient de rien. C’était le jour de la Saint-Nicolas,
en 1941, mais comme ils étaient fermiers, ils disposaient de beurre, de
pain, de volailles et de lapins. Et bien sûr de belles tartes au fruit
au moment du dessert… »