Baby-boomer plutôt méconnu dans notre
mère patrie, Yves Lacomblez – lisez Pipou – est
un cas. Autant castard que cassis, d’ailleurs. Et
plus cassoulet que cassonade. Lui qui a connu son heure
de gloire dans les années 70, avec des hits follement
dansants, revient sur scène avec son ami Stan Pollet.
Portrait. Pipou, le presque sexa, n’a rien perdu de sa verve
musicale. Il vient de trouver son second souffle aux côtés
d’un jeunet, Stan Pollet, 43 ans, pour un duo hilarant,
mêlant jeux de mots, fantaisie et rythmes endiablés.
Pour vous rafraîchir la mémoire, il n’est
pas inutile de rappeler qui est Pipou.
Sous des dehors rondouillards
et parfois un tantinet blasés se cachent une âme
sensible et un parolier de première bourre. Car Yves
Lacomblez (« C’est écrit sur ma carte
d’identité », soupire-t-il) a beaucoup écrit. « Ça
plane pour moi », de Plastic Bertrand, c’est
lui, « Les Mocassins », de Mino, encore lui.
Et quand l’on sait qu’il est un ancien de Two
Man Sound et qu’il a longtemps accompagné Philippe
Lafontaine, on se rend compte que le bonhomme n’a jamais
dédaigné la qualité musicale. « Ouf,
c’est loin tout ça, sourit-il. Mais heureusement,
j’ai encore les droits d’auteur. Parce que si
je devais me contenter de mes prestations sur scène… Je
dois plutôt courir après.»
Il ne chôme pas pour autant. L’an dernier, il était
encore visible sur le toit d’un bus, à Blanmont,
en rase campagne, pour un concert « A Buscyclette » mémorable.
Il joue aussi dans quatre formations musicales: Pipou & Steph,
Monoï Monoï (un duo de ukulélés),
sans négliger les enfants (en duo avec Philippe Leprince)
et, biens sûr, avec son vieux pote Stan Pollet. « Dix
ans déjà qu’on est ensemble, s’étonne
Pipou. Mince alors ! Pourquoi on ne sort rien en CD ? Faudrait
demander à Hercule Music ! »
Car l’album de Stan & Pipou est au frigo depuis
près d’un an! L’opportunité de
la programmation musicale des radios ne serait pas (encore)
favorable. Dommage, même si Stan et Pipou « passent » formidablement
bien en public. « Pipou adore s’amuser sur scène,
détaille Stan Pollet. Ses qualités ? L’originalité,
l’humour décalé, les jeux de mots, la
fantaisie. Lui et moi, on est des amoureux des beaux textes. »
Pipou confirme. « Stan, c’est un directeur de
café-concert qui me l’a fait connaître.
Comme je suis toujours à la recherche de quelque chose
de nouveau en musique, j’étais intéressé.
Rien d’autre à dire. Sauf une chose : nous deux, ça
va, le courant passe. »
Pour Pipou, la musique, c’est d’abord une émotion à partager.
Une émotion rigolarde. S’il a beaucoup composé,
s’il est d’abord un solitaire («j’aime être
seul dans une foule et observer ce qui se passe autour de
moi») , il reste un incroyable ambianceur, très éloigné des
DJ à karaoké.
On est un artiste ou on ne l’est
pas.