Beaucoup de personnes s’imaginent que la fête d’Halloween
nous vient des Etats-Unis. A tort. Déjà dans
nos contrées, elle se fêtait dans la Préhistoire.
Plus près de nous, avant la Seconde Guerre mondiale,
elle n’était pas inconnue des gamins du Brabant.
Les fêtes les plus anciennes sont saisonnières.
Halloween marque le début de l'hiver sur la moitié nord
de la terre. C'est aussi la période où les végétaux
dépérissent.
Halloween devint la fête des
morts, des esprits, des ancêtres.
Autrefois, les Celtes vivaient un peu partout en Europe - les
Gaulois étaient un peuple celtique. Ils pensaient que
les esprits de ceux qui sont morts dans l'année, revenaient
sur terre. Pour eux, le 31 octobre marquait la fin d’une
saison. Tous les feux étaient éteints et les
druides allumaient des feux sacrés. Pour accueillir
les morts, les portes des maisons restaient ouvertes et une
part de nourriture était à leur disposition.
Des lanternes étaient disposées un peu partout.
Les Celtes se déguisaient aussi en monstres hideux et
offraient des friandises aux morts pour les amadouer.
C’est en 837 que l'Eglise chrétienne, qui ne parvenait
pas à se débarrasser de cette fête païenne,
décida de la christianiser : c’est ainsi que la
Toussaint est née.
C’est vrai que les Irlandais, descendants des Celtes,
ont exporté la fête d’Halloween en Amérique,
mais c’est bien, à l’origine, une fête
européenne.
Aujourd’hui, c’est devenu la fête des enfants,
mais avant guerre déjà, elle se fêtait
d’une certaine manière. Ecoutons le témoignage
de Roland Many, qui habite à Opprebais, dans le Brabant
wallon.
Une autre forme d’Halloween Oui, c’est vrai, raconte Roland Many, nous connaissions,
gamins, une autre forme d’Halloween. C’était
juste avant la guerre de 1940. La ferme contiguë au
Moulin d’Opprebais, qui portait le nom de La Salette,
appartenait aux frères Gustot, Joseph et Pierre, deux
vieux célibataires très appréciés
au village. Fin octobre, ils se mettaient invariablement à évider
courges et betteraves…
« Au village, chacun venait gratuitement se servir
en eau au puits de ces deux fermiers – qui étaient
aussi actifs comme échevins. Une des activités
préférées de Pierre et Joseph Gustot était
de faire peur aux enfants. Ils affinaient cet art un peu
particulier en sculptant des têtes de mort ou de sorcières
dans des betteraves ou des potirons. Pour faire bonne figure,
ils y ajoutaient une bougie, ce qui donnait une forme terrifiante
aux formes créées. »
En automne, les gamins allaient traîner du côté de
la maison Gustot et ça ne ratait jamais. « Tout à coup
surgissait une tête de mort éclairée
de l’intérieur. Nous hurlions de peur et de
joie ! »
Halloween est devenu petit à petit la fête des
enfants. Pas étonnant qu’aujourd’hui,
nos chères têtes blondes aiment nous terroriser
: les rôles sont retournés ! C’est eux
qui nous torturent pour obtenir des bonbons !