L’Aarschotois Jos Aerts, 63 ans, a déjà beaucoup
voyagé. «Surtout par obligation professionnelle,
précise-t-il.
Il faut savoir que je vendais des
machines à traire les vaches et que cela m’a
amené un peu partout sur notre planète, de
l’Australie au Mexique, en passant par l’Afrique
du Nord, mais jamais en Sibérie !» Le paléotrip
l’enchante.
Dès qu’il est pensionné, le 1er janvier
2004, Jos découvre combien avoir du temps libre
est agréable… pour autant que l’on soit
animé par la passion. «Maintenant, voyager
est du pur plaisir, dit-il. Ce n’était pas
nécessairement le cas durant ma vie active, surtout
quand j’étais séparé depuis
longtemps de ma femme et de mes quatre enfants.»
Dès qu’il découvre un article sur le
paléotrip russe dans un quotidien, il est tenté,
mais… «J’ai d’abord voulu savoir
en quoi cela consisterait. J’aime bien préparer
un voyage, savoir où je mets les pieds.»
Sur le site internet du Muséum des sciences naturelles,
il se rend compte du sérieux de la proposition de
voyage. «La présentation se terminait par
un formulaire d’inscription. J’ai franchi le
pas en me disant que c’était une occasion
unique d’aller à l’autre bout du monde.
Attention, le côté scientifique de l’aventure
m’attire aussi. Je connaissais l’importance
des découvertes à Bernissart, et que les
iguanodons découverts dans les terres belges remontaient à quelque
130 millions d’années, alors que le site de
Blagoveschensk est plus récent, quelque 60 millions
d’années. Là-bas, ce serait merveilleux
de découvrir la tête complète d’un
hadrosaure, car pour le moment et malgré la richesse
du site de gisements, ce n’est pas encore le cas.»
Du ressort, Jos n’en manque pas. Pendant l’interview
groupée de plusieurs participants, une dame est
venue se plaindre de ne pouvoir remplacer le pneu crevé de
sa voiture. Aussitôt Jos était debout, prêt à l’aider.
Voilà un homme qui n’aura pas peur des situations
les plus inattendues en Sibérie…