Plus de 150 espèces animales différentes
sur les épaves belges
Des scientifiques belges réalisent actuellement
une étude saisonnière de la biodiversité des épaves
de notre côte : ils veulent découvrir combien
d’espèces y vivent. Ils photographient et
collectent les animaux vivant sur les épaves.
Les épaves
augmentent la richesse biologique dans la mer. Ce sont
des substrats idéaux pour des animaux sessiles,
comme les mollusques et les anémones, qui ne peuvent
pas s’accrocher sur les fonds sableux. Pour le moment,
il y a quatre épaves dans la partie belge de la
mer du Nord qui sont étudiées : Birkenfels,
Kilmore, Bourrasque et Sperrbrecher. On les a choisies
en fonction de leur position, de leur taille et de leur état
de conservation. De plus, ces bateaux ont coulés
depuis plus que 10 ans et sont donc en équilibre
pour ce qui est de leur colonisation biologique. Depuis
l’année 2000, à l’initiative
de l’Unité de Gestion du Modèle Mathématique
de la mer du Nord (UGMM), les scientifiques se mouillent
pour prélever leurs échantillons. Ils opèrent
depuis le navire océanographique Belgica. Entretemps,
cinq équipes de recherche ayant l'expertise en la
matière se sont regroupées autour d’un
projet de recherche.
Sigrid Maebe, porte-parole de l’UGMM, décrit
les résultats
«Plus de 150 espèces
différentes ont été trouvées
sur les épaves: 12 espèces de poissons,
2 espèces de méduses et plus de 140 espèces
de macroorganismes (animaux de plus de 1mm) qui sont
attachés ou qui bougent lentement : des crustacés,
anémones, polypes, vers, éponges, coquillages, étoiles
de mer et crabes. Les épaves ont clairement une
biodiversité beaucoup plus importante que le fond
sableux avoisinant. Certains polypes ou coquillages comme
la turritelle étaient considérés
comme « rares » avant cette étude,
mais ils ont été trouvés en grande
quantité sur les épaves. Nous avons même
découvert quelques espèces qui n’avaient
jamais été observées en Belgique
: Diadumene cincta (une anémone) et Caprella tuberculata
(un crustacé) sont des nouvelles espèces
pour la faune belge.»
Cette recherche sur la biodiversité des épaves
représente bien plus. En effet, les épaves
de la partie belge de la mer du Nord peuvent servir comme
modèles pour l’étude d’autres
substrats durs artificiels comme les fondations du parc à éoliennes
qui seront bâti dans un futur proche. Les épaves
sont aussi des obstacles pour la pêche et peuvent
donc servir comme modèle pour des zones non-pêchées.
Finalement il est très important que cette richesse
inattendue de ces zones de la mer du Nord soit protégée. «Dans
les années qui viennent, la biodiversité des épaves
sera étudiée plus en détail. L’influence
des courants , de la température et de la turbidité sera
analysée. Les animaux de taille inférieure
au millimètre seront eux aussi regardés ‘à la
loupe’.», conclut Sigrid Maebe.
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