En
2000, la Belgique comptait 1.730.746 personnes de plus de 65
ans.
D’ici 2010, un accroissement de la population de 7,2%
est prévu pour cette même catégorie de personnes,
pour les plus de 80 ans, c’est une augmentation de 42.5%
qui s’annonce pour cette décennie.
Robert Rochefort, directeur du CREDOC * vous expose son
point de vue sur le « papy-boom » et les bienfaits
que cela peut engendrer.
Comment notre société peut-elle tirer parti
de l’expérience de nos aînés, les
bénéfices de l’intergénérationnel,
la cohésion familiale à travers quatre générations…
Le papy-boom campe à nos portes, il est déjà là.
Les Etats-Unis et les pays européens qui n'ont pas
connu le second conflit mondial ont déjà pris
un peu d'avance. Mais, partout dans les pays occidentaux,
il y aura bientôt davantage de grands-parents que de
petits-enfants ! C'est l'effet conjugué de la très
forte natalité des décennies de l'après-guerre,
suivie d'une baisse au milieu des années 1970 et de
l'allongement de la durée de la vie lié au
progrès économique et médical.
Depuis quinze ans, l'équilibre des retraites a suscité de
nombreux débats, polémiques et controverses.
Cela n'est pas fini car les décisions ne sont qu'à moitié prises
même après la loi Fillon. Pourtant, aujourd'hui,
on sait qu'il n'y a pas de formule miracle mais qu'il faudra
mettre en oeuvre un cocktail de mesures : l'allongement de
la durée des cotisations et donc le recul de l'âge
de départ à la retraite en sera la principale,
une indexation prudente du niveau des pensions, une distillation
d'une dose complémentaire
de capitalisation... Les hommes politiques le savent bien
et en parlent librement dans les cercles privés, mais
leur attitude change brutalement dans l'espace public. Une
fois aux affaires, il est urgent d'attendre et de renvoyer
le mistigri aux suivants! L'incitation à une épargne
destinée à des fonds de retraite par capitalisation
est plus lente à démarrer dans notre pays que
chez nos voisins, mais elle se fera. Les Français
y sont à la fois prêts et favorables. Les leaders
syndicaux jusqu'à présent beaucoup moins. Là aussi,
les choses évoluent positivement.
Mais les enjeux du vieillissement de la société ne
sauraient se limiter au financement des retraites. Ce n'est
même qu'une affaire somme toute assez simple à régler, à condition
d'avoir le courage de le faire, mais on finira par y arriver.
Et sans régler tous les problèmes, la forte
croissance que génère la nouvelle économie
depuis plus de dix ans déjà aux Etats-Unis,
et depuis moins de temps en Europe occidentale, y contribuera
tout de même un peu. L'essentiel est ailleurs. Il tient
aux modes de vie, aux opinions et aux attitudes qui vont
forcément être transformés du fait de
ce changement démographique. Deux thèses s'affrontent
sur les conséquences possibles du vieillissement de
la population. La première, «pessimiste»,
plus ancienne, se montre très préoccupée
par le bouleversement démographique dans lequel nous
nous engageons. Pour ses partisans, il existe un cycle de
vie relativement immuable dans lequel «jeunes» et «vieux» ont
des visions du monde, des modes de vie qui les distinguent
fortement et parfois même les opposent. Aux premiers
le dynamisme, le désir d'aller de l'avant; aux seconds
le repli sur soi et la vision d'un avenir bouché.
Quand les vieux y deviennent plus nombreux que les jeunes,
une société est en péril. Ceux qui défendent
cette thèse sont parfois nostalgiques des politiques
natalistes qu'ils croient efficaces.
A l'inverse, la thèse optimiste veut y voir une chance,
considère que l'on n'a pas l'âge de ses artères
mais celui de ses idées, et qu'en la matière,
une société composée d'une proportion
bien plus importante de « seniors » n'est nullement
condamnée à se refermer sur elle-même.
Davantage de papis et de mamies n'est pas grave puisqu'ils
ne sont plus des « petits vieux », mais - à un âge
donné - des personnes de plus en plus dynamiques,
sportives, sociables et en bonne santé. Leurs nouveaux
besoins et leur solvabilité peuvent nourrir puissamment
la demande et donc la croissance. L'expérience dont
ils font preuve peut aider à stabiliser une société prise
dans le tourbillon de son accélération effrénée.
Peut-on arbitrer entre ces deux thèses?
Oui, il le
faudra, c'est le but de ces pages Le lecteur a d'ailleurs
déjà deviné de quel côté nous
allons pencher!
Vive le papy-boom de Robert Rochefort
Editions de poche Odile Jacob
Robert Rochefort est aussi l’auteur de « La société des
consommateurs », « Le consommateur entrepreneur », « Les
nouveaux modes de vie », « La France déboussolée » et « L’environnement,
question sociale »
*CREDOC : Centre de recherche pour l’étude
et l’observation des conditions de vie.
Les
Gagnants ont reçu l'exemplaire du livre par courrier
MAERTENS ANNIE
VIA CRISTINA
DE NAYER BERNADETTE
TILMANT LUCIEN
KOSA ALEXANDRE
PIETQUIN PATRICK
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