1er
mai 2004 : L’Union européenne comptera 25 pays
membres au lieu des quinze actuels. La Slovénie, la Hongrie,
la Slovaquie et la République tchèque, déjà
visitées les semaines précédentes par Websenior,
mais aussi 3 républiques baltes (Lituanie, Estonie et
Lettonie) 2 Etats insulaires méditerranéens (Malte,
et Chypre) et, le plus peuplé et le plus vaste de tous
- la Pologne - nous auront rejoints.
Cette semaine, nous sommes
toujours au cœur de l’Europe, mais un peu plus au
Nord, en République de Pologne, un pays de 312.700 km²
et de 38 millions d’habitants...
La Pologne, c’est évidemment le pays natal du
Pape Jean-Paul II, de la scientifique Marie Sklodawska-Curie,
deux fois Prix Nobel (en physique d’abord avec son mari
Pierre Curie, puis en chimie), du compositeur Frédéric
Chopin, de l’astronome Nicolas Copernic ou encore du
cinéaste Andrzej Wajda.
La
Pologne est un des grands pays européens et le plus
peuplé des dix nouveaux venus. A l’intersection
des principales voies de transit, avec une large façade
sur la Mer Baltique, ce pays bénéficie d’une
situation avantageuse au cœur du continent.
La Pologne a des frontières communes avec l’Allemagne
à l’Ouest (467 km), au Sud avec la République
tchèque (790 km) et la Slovaquie (540 km), à
l’Est avec l’Ukraine (529 km) et la Biélorussie
(416 km), enfin au Nord avec la Lituanie (103 km) et l’enclave
russe de Kaliningrad (210 km).
Vaste
plaine au sol fertile (quasi 95% du territoire ne dépasse
pas 500 m d'altitude), la Pologne est irriguée par
trois fleuves: la Vistule (1704 km), l'Oder (854 km) et la
Varta (808 km). A l’extrême sud, on rencontre
le relief montagneux des Carpates et des Sudètes, dont
le point culminant, le Mont Rysy est situé 2499 mètres
d’altitude. 28% du territoire polonais sont couverts
de forêts. La Pologne connaît un climat continental
avec des hivers souvent rigoureux, tandis que la période
estivale y est généralement fraîche, voire
humide.
Quelques statistiques
Population : 38,6
millions d’habitants, dont 98% de Polonais et 13 minorités
reconnues (parmi lesquelles des Allemands, des Ukrainiens
et des Biélorusses). 95 % de Polonais se déclarent
catholiques, 1,5 % sont orthodoxes, 1 % se revendiquent du
protestantisme.
Densité : 125 habitants/km² - Population urbaine
: 65%
Moins de 15 ans : 19 %, 15 à 65 ans : 69 %, plus de
65 ans : 12 %
Espérance de vie : 73 ans (77 ans pour les femmes -
68 ans pour les hommes)
Villes principales :
Capitale : Varsovie (1.600.000 habitants)
Autres villes : Lodz : 796.682 habitants - Cracovie : 737.927
habitants - Wroclaw : 635.973 habitants - Poznan : 576.000
habitants - Gdansk : 457.249 habitants.
Indicateurs économiques (2001) :
PIB par habitant : 5 100 € - Salaire brut moyen mensuel
(2000) : 545 dollars US
Taux de croissance : 1,1% - Taux d’inflation : 5,5%
- Taux de chômage : 17,5%
Exportations : 36 milliards de dollars US - Importations :
50,2 milliards de dollars US
Investissements directs étrangers : 6,9 milliards de
dollars US
Quelques Repères historiques :
Dès l’Antiquité, les régions de
l’actuelle Pologne entretiennent des rapports commerciaux
intenses avec nombre de régions européennes.
L’ambre de la Mer Baltique est déjà une
marchandise convoitée et la route de l’ambre
mène de la Méditerranée à la Baltique
dès l’âge de bronze. Les marchands échangent
des produits en bronze contre de l’ambre, du sel et
des fourrures.
Sous
l’impulsion des Polanes et de leur chef Miezko Ier,
la nation polonaise naquit au Xe siècle de l’unification
de tribus slaves occidentales présentes dans la région
depuis le premier millénaire avant l’ère
chrétienne. Le royaume de Pologne subit de nombreuses
mutations territoriales au cours de son histoire, au gré
de son expansion et des invasions. Au XVIe siècle,
le développement économique et l’épanouissement
culturel de la Renaissance portent la Pologne à son
apogée.
Devenue l’enjeu des puissances étrangères,
la Pologne, partagée à partir de 1772 entre
l’Autriche, la Prusse et la Russie, disparaît
de la carte en 1795. Le Grand-Duché de Varsovie, fondé
par Napoléon Ier en 1807, passe sous domination russe
à partir de 1815.
Retrouvant
son Indépendance en 1918, la Pologne est officialisée
dans ses nouvelles frontières par le Traité
de Versailles en 1919. Régime démocratique jusqu’au
coup d’Etat militaire de 1926, elle tombera sous domination
allemande et soviétique à partir de septembre
1939, en application du Pacte germano-soviétique, puis
sera entièrement occupée par les Nazis après
leur entrée en guerre contre l’URSS. En 1945,
très marquée par la guerre, la Pologne est rétablie
dans de nouvelles frontières issues des accords de
Yalta et devient république socialiste, sous étroite
influence soviétique.
En août 1989, Tadeusz Mazowiecki forme le premier gouvernement
non communiste d’après-guerre et le 9 décembre
1990, Lech Walesa, figure historique du syndicat Solidarité,
remporte la première élection présidentielle
au suffrage universel. Toutefois, le désenchantement
sera rapide : aux législatives suivantes, la coalition
de gauche l’emporte et, en 1995, un ex-communiste, Aleksander
Kwasniewski est élu président. Il sera réélu
au premier tour en 2000, tandis que la droite, victorieuse
des élections législatives de 1997, cèdera
à nouveau le pouvoir aux sociaux-démocrates
et à leurs alliés dès 2001.
Institutions politiques : La
République de Pologne est, conformément à
son actuelle Constitution adoptée en mars 1997 et approuvée
par référendum en mai de la même année,
une démocratie parlementaire bicamérale. Le
Parlement se compose de la Diète (460 députés)
et du Sénat (100 membres), élus au suffrage
universel pour 4 ans.
Le
Président, chef de l’Etat, est élu au
suffrage universel pour 5 ans. Il possède le droit
de veto. Aleksander Kwasniewski élu en 1995, a été
reconduit dans ses fonctions dès le premier tour en
2000.
Le Premier ministre, Leszek Miller, dirige depuis le 19 octobre
2001 une coalition SLD-UP-PSL (Alliance social-démocrate,
Union du Travail, Parti paysan polonais).
Profil économique La
Pologne s’est engagée depuis 1990 sur la voie
de l’économie de marché, subissant d’importantes
restructurations. L’agriculture, dont la part dans le
PIB est faible, conserve un poids social et politique considérable,
employant plus du quart de la population active. Producteur
de denrées agricoles, la Pologne possède également
une grande variété de ressources naturelles
et fait notamment partie des dix premiers producteurs mondiaux
de charbon et de cuivre.
Les
industries agro-alimentaire, métallurgique, chimique
et textile sont parmi les plus importantes. Le commerce, la
technologie de pointe et les services occupent une part de
plus en plus grande dans l’économie polonaise.
Toutefois, l’euphorie des débuts du capitalisme
retrouvé est vite retombée, malgré les
profonds changements intervenus. Le mot «capitalisme»,
que tout le monde scandait en Pologne tel une incantation
en 1989, a perdu aujourd’hui de son charme mystérieux.
Les Polonais, après une phase de capitalisme sauvage,
préfèrent envisager une économie de marché
à visage humain.
Car
les Polonais peuvent, certes, trouver chez eux les mêmes
boutiques, les mêmes marques, les mêmes fast-foods
qu’à Bruxelles, Paris, Londres ou Tokyo, mais
à la condition de pas être parmi les exclus du
miracle libéral, à savoir plus de 17 % de la
population active en chômage ! Les chiffres économiques
sont paradoxaux : l’inflation qui frisait les 700 %
dans les années quatre-vingts a été ramenée
à 1,1 % aujourd’hui ; par contre, le taux de
croissance de 4,5 % du début des années nonante
n’est plus que de 2 % actuellement, alors que la Pologne
reste, depuis 5 ans, le premier pays d’accueil des investissements
étrangers en Europe de l’Est.
Quant
à l’Europe, si elle séduit les jeunes,
les cadres et les intellectuels, elle n’est pas perçue
systématiquement comme la solution d’avenir par
les mineurs de Silésie, les agriculteurs de Poméranie
ou les ouvriers de Nowa Huta ou des chantiers de Gdansk. Cette
profonde fissure au sein de la société polonaise
était visible lors des législatives en 2001.
Les anciens héros de Solidarnosc (Geremek et autres
Mazowiecki) ont été complètement désavoués
par les électeurs, leur parti n’atteignant même
pas le seuil des 5 % permettant de siéger à
l’assemblée. Une majorité de Polonais
ont voté pour les ex-communistes en misant sur le volet
social de leur programme, ou ont accordé leurs suffrages
à des partis contestataires et anti-européens,
qui ont ainsi obtenu le tiers des mandats a la Diète.
Dans le même temps, Lech Walesa, le chef légendaire
de Solidarnosc, président de 1990 à 1995 et
prix Nobel de la paix, n’a récolté qu’un
pourcent des suffrages lors des présidentielles de
2000 et anime aujourd’hui, a la télévision,
un programme sur la pêche (Et pas la pêche aux
électeurs, en tout cas !)
L.V.
Synthèse établie
dans le cadre de la rubrique EUROPE A VINGT-CINQ de Opladis,
par la Sprl MEMOGRAMES,
au départ des informations recueillies sur les sites de la Commission européenne (www.europa.eu/int/comm/enlargement), du gouvernement polonais et autres sources d’information
commentant l ’élargissement de l’Union européenne le 1er mai 2004 – Crédit photos : site officiel www.europa.eu