Les
Tchèques sont probablement, parmi nos nouveaux
compatriotes européens, ceux que nous avons le sentiment
de mieux connaître.
On pense immédiatement à Prague, une des plus
belles villes du monde, mais aussi à la Pilsner Urquell,
la mère des bières blondes, au Cristal de Bohème,
à la porcelaine et aux traditions thermales de Karlovy
Vary, alias Carlsbad, aux compositeurs Smetana, Dvorak, Janacek
et autres, à Jaroslav Hasek et à son brave soldat
Chveik, à Karel Capek qui inventa le mot robot dans sa
pièce R.U.R., à Milan Kundera ou au poète
Jaroslav Seifert, tous deux Prix Nobel de Littérature…
On
pense aussi aux théâtres de marionnettes, à
la Lanterne Magique, aux pantomimes, aux réalisateurs
de cinéma, dont Milos Forman. Bref, la Tchéquie,
sa capitale Prague et ses Tchèques célèbres,
on connaît, au moins de nom et un nombre significatif
d’entre nous sait même que Prague est nettement
plus proche de Bruxelles que la Costa Brava : 900 kilomètres
seulement séparent la capitale de l’Europe de
la capitale tchèque !
Quelques statistiques
Population : La
République tchèque se compose de deux grandes
régions, la Bohème à l’Ouest et
la Moravie à l’Est, et s’étend sur
78.864 km².
Elle a des frontières communes avec l’Allemagne
et la Pologne sur près de 650 km à chaque fois,
avec la Slovaquie (215 km) et l’Autriche (362 km).
Sa
population, à 75 % urbaine, est de dix millions deux
cent mille habitants, essentiellement des Tchèques
(90 %), mais aussi des Moraves (4%), des Slovaques 53%), ainsi
que des Polonais, des Allemands, des Roms, des Hongrois, des
Ukrainiens et des Russes (moins de 1 % à chaque fois).
Densité : 130 habitants/km²
Moins de 15 ans : 16 %, 15 à 65 ans : 70 %, plus de
65 ans : 14 %
Espérance de vie : 74 ans (78 ans pour les femmes -
71 ans pour les hommes)
Religions : 40 % de catholiques, 4 % de protestants, 40 %
d’athées, des orthodoxes, des juifs.
Villes principales :
Capitale : Prague (1.200.000 habitants)
Autres villes : Brno : près de 400.000 habitants -
Ostrava : 331.000 habitants - Plzen (prononcez Pilsen !) :
175.000 habitants.
Chiffres économiques :
Taux de croissance : 2 % - taux d’inflation : 0,5 %
- taux de chômage : 7,3 %
PIB par habitant : 6.200 € (60 % de la moyenne U.E.)
Salaire brut mensuel moyen : 510 €
Quelques Repères historiques :
TCHEQUIE… avant 1993, on connaissait surtout la Tchécoslovaquie,
un Etat fédéral au sein duquel les Tchèques
représentaient les 2/3 de la population et la Tchéquie
la plus étendue des 2 républiques fédérées.
Mais l’Etat tchécoslovaque n’aura vécu
que de 1918 à fin 1992.
Une brève existence marquée par des dates que
tout le monde a encore à l’esprit : 1938 – Accords de Munich par lesquels la France
et la Grande-Bretagne autorisent l’Allemagne à
annexer les Sudètes ; 1948 – prise du pouvoir par les communistes ;
1968 – Intervention militaire soviétique
pour mettre fin au Printemps de Prague ; 1989 – Révolution de velours sonnant le
glas du régime communiste et portant l’intellectuel
dissident Vaclav Havel au pouvoir ; 1993 : scission de la Tchécoslovaquie en deux
républiques indépendantes, la République
tchèque et la Slovaquie.
Bien sûr, l’histoire des pays tchèques
ne commence pas en 1918… La Bohême, initialement
occupée par des Celtes, puis par les Tchèques,
peuple slave, a été rattachée au royaume
de Grande Moravie en 830. Christianisé à la
fin du 9e siècle, le royaume de Bohême connaîtra
son apogée sous les Premyslides (10e-13e siècles)
et les Luxembourg (14e-15e siècles).
A partir du 14e siècle, le mouvement réformateur
inspiré par Jan Hus (que Rome a condamné au
bûcher !) sera à l’origine d’une
grave crise religieuse. Sous domination autrichienne à
partir de 1526, les Tchèques subiront les effets de
la contre-réforme et d’un processus de germanisation.
Leur soulèvement contre les Habsbourg en 1618 sera
à l’origine de la Guerre de Trente Ans. La défaite
des insurgés en 1620 priva la Bohême de son autonomie
pour plusieurs siècles. Ce n’est qu’au
19e siècle que se développera un sentiment national
tchèque, porté par un important mouvement politique
et culturel.
Mais ce n’est qu’à l’issue du premier
conflit mondial en 1918, lors du démantèlement
de l’Empire austro-hongrois, que les Tchèques
et les Slovaques conquièrent conjointement leur indépendance
et choisissent d’unir leurs destinées…
jusque fin 1992.
Institutions politiques : La
République tchèque est une démocratie
parlementaire bicamérale. La Chambre des Députés,
élue au suffrage universel direct pour 4 ans, compte
200 députés, tandis que le Sénat réunit
81 représentants, élus pour 6 ans, avec renouvellement
par tiers tous les deux ans.
La
Constitution, adoptée le 16 décembre 1992, prévoit
aussi l’élection indirecte, par les deux chambres
réunies, du Président pour un terme de 5 ans
renouvelable une fois. Vaclav Klaus, premier ministre de 1992
à 1997, a succédé en février 2003
à Vaclav Havel, à l’issue des deux mandats
de celui-ci.
La cohabitation d’un président nettement à
droite et d’un gouvernement de centre-gauche, conduit
par le social-démocrate Vladimir Spidla, semble, à
consulter la presse tchèque, plus ardue que ce que
les Français ont vécu avec Chirac-Jospin. Notamment,
le Président Vaclav Klaus ne manque jamais une occasion
de critiquer l’action gouvernementale ou le passé
communiste de l’un ou l’autre dirigeant politique,
notamment, voici peu, à l’encontre du futur commissaire
tchèque à la Commission européenne.
Profil économique
La Tchécoslovaquie est traditionnellement un pays très
industrialisé, ce qui au demeurant a créé
une situation écologique assez désastreuse.
Après 1990, beaucoup d’industries lourdes ont
été fermées ou sensiblement restructurées,
tandis que nombre d’entreprises tombaient dans le giron
de groupes étrangers.
Le pouvoir d’achat du Tchèque se situait en 2001
à 62 % du niveau moyen européen et, paradoxe
du passage à une économie de marché,
la consommation a reculé par rapport à l’époque
communiste.
Et si les salaires augmentent en moyenne de 2 % par année,
c’est essentiellement parce que les plus riches sont
régulièrement mieux payés, tandis que
les salaires stagnent pour l’immense majorité.
Les difficultés sociales sont donc évidentes,
tandis que l’insécurité et la violence
sont en augmentation.
Dans ce contexte, le référendum sur l’adhésion
à l’Union européenne en juin 2003 n’a
mobilisé que moins de 50 % de l’électorat.
Les 80 % de oui sont donc à prendre en considération
avec parcimonie. Ce qui ne doit pas vous empêcher d’envisager
une escapade à Prague et dans les pays tchèques
: le patrimoine culturel de ce pays est tout à fait
splendide et mérite toute notre attention.
Inutile d’attendre 2015 quand une ville tchèque
sera (conjointement à Mons ?) capitale européenne
de la culture !
L.V.
Synthèse établie
dans le cadre de la rubrique EUROPE A VINGT-CINQ de Opladis,
par la Sprl MEMOGRAMES,
au départ des informations recueillies sur les sites de la Commission européenne (www.europa.eu/int/comm/enlargement), du gouvernement tchèque et autres sources
d ’information commentant l’élargissement de l’Union européenne le 1er mai 2004 – Crédit photos : site officiel www.europa.eu