La fameuse balise de Huldenberg, vous connaissez ?
Sur place, dans le
Brabant flamand, à un jet de pierre des communes wallonnes d’Archennes
et de Florival, ce n’est plus un sujet de plaisanterie… Témoignages.
Un
comité de villageois s’était formé en
2003. Ils étaient à l’époque une cinquantaine.
Et puis, le bruit prenant de l’ampleur, leur nombre est passé à 250
aujourd’hui. La présidente de leur mouvement, Hart voor
Huldenberg, est une psychologue de 44 ans, Ingrid De Wilde. Mais comment
tout cela a-t-il commencé ? Comment les habitants de Ottenburg
et de Huldenberg se sont-ils regroupés ?
Boudewijn Godderis, qui habite Ottenburg : «Je me suis installé ici
il y a une trentaine d’années. Biologiste de formation,
j’adore la nature. Petit à petit, il y a une dizaine d’années,
les vols sont devenus de plus en plus fréquents. Pour être
honnête, il faut dire que durant un an environ, les vols lourds
ont diminué. Et puis, cela a repris. Mais le plus dur, et qui
continue aujourd’hui, ce sont les vols à 2h du matin.
Même quand on ne se réveille pas complètement,
on est dérangé.»
Elisabeth Geens, 45 ans, est secrétaire, mariée et mère
de deux enfants. «La situation est devenue si intenable, raconte-t-elle,
que nous pensons à déménager. C’est vraiment
très éprouvant pour les nerfs. Nos enfants eux aussi
s’en rendent compte. Maman, m’ont-ils dit, à notre école
de Tervuren, on entend moins les avions… En fait, je me demande
pourquoi les avions qui décollent des trois pistes 02, 07 et
20 de Zaventem attendent d’être au-dessus de la balise
du village pour bifurquer. C’est cette concentration qui est
particulièrement gênante.»
Son voisin Josse Peeters, 43 ans, est agriculteur. Sa ferme, à vol
d’oiseau, se situe à 14 km de Zaventem. Lui non plus mâche
pas ses mots : «Nous n’avons jamais voulu que la société DHL
s’en aille. Et puis, il faut l’avouer, nous aussi prenons
l’avion pour aller en vacances. Mais pourquoi diable les vols
ne sont-ils pas réglementés en fonction de critères
de dispersion, exactement comme pour le Noordrand où il y a
trois balises au lieu d’une.»
Verront-ils un jour le bout du pont… aérien ? «Il
y a indiscutablement une prise de conscience, avance Boudewijn Godderis.,
et particulièrement de la part de M. Touwaide, le médiateur
francophone. Je ne peux en dire autant du médiateur néerlandophone,
qui ne se donne même pas la peine de répondre à nos
courriers. Et puis, le mois prochain, des sonomètres vont être
placés pour quantifier le bruit. Des valeurs avaient déjà été enregistrées
en septembre 2003. Nous attendons avec impatience les nouvelles statistiques.»