Cette ASBL, présidée par Anne Marchand, a publié en
février dernier un plan en dix points revendicatifs qui constitue
une bonne approche de la problématique liée au bruit des
avions autour de l’aéroport de Zaventem. Les voici résumés
et explicités.
Un aéroport urbain spécialisé dans le transport
de passagers. Délestage des autres fonctions (ndlr,le fret) vers
d’autres aéroports mieux situés.
Priorité aux destinations européennes de point à point,
distantes de plus de 600 km, une taxation dissuasive étant
appliquée
aux autres destinations
Fermeture de l’aéroport de 23 heures à 07
heures
Liaison rapide avec la gare TGV de Bruxelles Midi équipée
pour l’enregistrement et l’acheminement des
bagages
Interdiction de survol de toute zone densément peuplée à moins
de 2.000 m d’altitude
Politique d’aménagement du territoire destinée à rétablir
des couloirs non habités. Indemnisation des personnes
les plus exposées
Recul des seuils de pistes et augmentation du gradient
de montée.
Modifier de la licence d’exploitation de BIAC
en renforçant
les contraintes environnementales de cet opérateur
privé et
supprimer l’obligation faite à BIAC de garantir
un rythme 80 mouvements d’avions à l’heure
Création d’une autorité de contrôle
indépendante
chargée du respect des routes et procédures
Augmentation des redevances d’atterrissage
Véronique de Potter est la porte-paroles de Bruxelles Air
libre Brussel. Comment cette mère de trois enfants, sportive
accomplie durant ses heures de liberté, en est-elle arrivée à porter
l’un des flambeaux de la contestation ? «Cela ne
date pas d’aujourd’hui, réagit-elle, ni du
plan Anciaux. Dès 2002, je me suis rendu compte d’un
accroissement sensible du trafic aérien. Notre association
existe depuis six ans et couvre les 19 communes de Bruxelles.
A cette époque, l’UBCNA
existait déjà, mais focalisée sur l’est
de Bruxelles. Bien sûr, nous avons des points communs avec
elle. Comme elle, nous sommes opposés aux vols de nuit,
car Zaventem est un aéroport urbain, enclavé, qui
ne se prête
pas du tout à ce genre de pratiques. Le principe d’une
dispersion maximale sur un maximum de gens nous paraît
contraire au bon sens en matière aéronautique.
Les personnes survolées
n’ont pas à payer la facture d’une mauvaise
gestion de la politique d’aménagement du territoire.»
Pourquoi les différentes associations qui sont sur la
même
longueur d’ondes que la sienne ne s’unissent-elles
pas ? «Au début, nous avons été confrontés à des
problématiques différentes, localisées.
L’objectif
des responsables politiques étaient de diviser pour régner.
Et faire en sorte que chacun ait sa part de nuisances. Nous avons
fini par dépasser ce problème. Nous cherchons à avoir
une position globale. Il est vrai que s’unir est un atout
dans ce contexte.»
Comment a-t-elle réagi au plan de dispersion du ministre
Anciaux ? «Ce plan a apporté un soulagement dans
certaines communes, mais relatif et temporaire. Et puis, la situation
change tout le temps
sans que les gens soient consultés, si bien que nous nous
sentons tous piégés. Il ne doit pas y avoir de
dispersion mais un recentrage des vols. Sans vols de nuit, ce
serait déjà beaucoup
mieux. Ensuite, il faut faire passer les avions sur les zones
les moins peuplées, comme à Nice par exemple. Mais
nous en sommes loin et le combat continue.»