Administratrice déléguée de l’Union Belge
contre la Nuisance des Avions (UBCNA) et porte-parole de l’AWACSS
(Association de Wezembeek-Oppem*), Peggy Cortois, 42 ans, parfaite bilingue,
ne manque ni d’humour, ni de ce don qui consiste à relativiser
les choses. A la tête d’une société d’import
basée à Bruxelles, elle défend francophones et néerlandophones
contre les nuisances des avions atterrissants ou décollants à Bruxelles-National.
Interview.
Opladis : En plus des deux associations
précitées,
vous travaillez aussi avec Wake-up Kraainem. Comment en êtes-vous
arrivée là ?
Il faut tout d’abord dire que les deux premières associations
collaboraient ensemble avant mon arrivée. Actuellement, treize
communes sont membres de l'UBCNA : Anderlecht, Berchem-Sainte-Agathe,
Bruxelles-Ville, Crainhem, Evere, Forest, Jette, Schaerbeek, Watermael-Boitsfort,
Wezembeek-Oppem, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre et Zaventem,
ainsi que l’Institut Bruxellois pour la Gestion de l'Environnement
(IBGE).
Sous l'impulsion de son Président, Jacques Vandenhaute, bourgmestre
de Woluwe-Saint-Pierre, et de ses membres, l'UBCNA a su se positionner
comme le principal interlocuteur des riverains des aéroports
de Belgique avec différentes autorités aéroportuaires,
que ce soit le ministère des Transports, la régie des
Voies Aériennes ou encore BIAC et Belgocontrol. Il y a deux
ans, M. Vandenhaute m’a demandé d’être la
déléguée de l’UBCNA. Comme j’habite
Wezembeek, et que les problèmes de nuisances touchent de près
ou loin les autres communes citées, j’ai accepté.
Opladis :
Que faudrait-il pour faire avancer le dossier ?
C’est extrêmement simple : du courage politique. Mais ce
serait avouer que le plan de dispersion de Bert Anciaux n’a rien
résolu. Jamais il n’y a eu autant de protestations contre
la manière dont est exploité l’aéroport
de Zaventem.
Opladis : Quelle est la première
de vos revendications ?
Je tiens d’abord à dire une chose : ici, à l’est
de Bruxelles, nous n’habitons pas loin de l’aéroport,
et nous avons toujours accepté certaines nuisances. Ce qui est
inacceptable, c’est qu’en plus des vols de la piste principale
25 droite, nous subissons également les vols de la piste 02 à l’atterrissage
et de la piste 20 au décollage. Ce qui nous dérange le
plus, c’est que, dans le plan de dispersion, la 02 a les mêmes
caractéristiques et les mêmes valeurs que la piste 25
droite, mais une étude commandée par BIAC a démontré que
la piste 02/20 ne pouvait en aucun cas être utilisée dans
un plan de dispersion et devait donc faire fonction de piste de secours.
Deux jugements ont été rendus, par la Cour d’appel
pour la 02, par le Conseil d’Etat pour la 20, et ces deux arrêts
reprennent bien les arguments de l’étude réalisée.
Les mettre dans un plan de dispersion et concentrer ces trois pistes,
a eu pour effet d’avoir des nuisances durant 155 h par semaine
(sur un total de 168 heures). Ce qui n’offre vraiment que peu
de répit aux riverains. Second argument : les personnes qui
se sont installées dans la région, l’ont fait en
fonction de l'utilisation historique des pistes, dans un rayon relativement
large autour de l’aéroport. On l’oublie, on nous
change tout ça et… on crée des problèmes.
Opladis : Et
puis, il y a les vols de nuit…
Ce qu’on a toujours demandé, c’est l’arrêt
des vols nocturnes à cause de la situation de l’aéroport
de Zaventem. Il faut savoir que Bruxelles-National n’entre pas,
en tant que City Airport, dans la directive de l’Union Européenne.
Ce qui signifie en clair que l’on ne tient pas compte de la proximité de
la ville de Bruxelles. Opladis : Quelle est la prochaine étape
de votre combat ?
Ce qui nous paraît raisonnable, c’est un retour à l’utilisation
historique des pistes, qui était celle de 1999. Ce serait une
bonne base de discussion, comme l’ont proposé les ministres
Huytebroeck et Picqué. Dans un second stade, il serait bon de
concentrer les vols et qu’il s’ensuive une expropriation à la
valeur du marché. A terme, si l’on veut un développement
durable, cela me paraît être la seule solution. Le nombre
de vols n’aurait alors plus d’importance.
* Le nom complet est le suivant : Association of Wezembeek-Oppem against
Aircraft Contraventions to Silence and Security