Kofi Annan réafirme l'engagement des Nations Unies à défendre les droits
des femmes
Cette année marque un tournant important dans le mouvement pour l’égalité des
sexes et la promotion de la femme puisqu’il sera procédé à l’examen
du Programme d’action de la Conférence de Beijing, 10 ans après
son adoption. En 1995, les femmes, réunies à Beijing, ont fait
un très grand pas en avant au service de l’humanité. Le
monde a, depuis lors, explicitement reconnu, comme jamais auparavant, que l’égalité des
sexes était essentielle pour le développement et la paix partout
dans le monde.
Dix ans après la Conférence, les femmes sont non
seulement plus conscientes de leurs droits mais aussi mieux à même
de les exercer.
Au cours de cette décennie, nous avons accompli des progrès
tangibles sur plusieurs fronts: l’espérance de vie et les taux
de fécondité se sont améliorés; plus de filles
ont accès à l’enseignement primaire et plus de femmes
ont leur propre source de revenus.
Mais parallèlement, nous avons
vu apparaître de nouveaux problèmes. Je pense, par exemple, à la
traite des femmes et des enfants, pratique odieuse mais de plus en plus courante;
ou au fait que les femmes sont de plus en plus souvent prises pour cibles
pendant les conflits armés; ou encore à la propagation terrifiante
du VIH/sida parmi les femmes, en particulier les jeunes femmes.
Et pourtant,
lorsque nous jetons un regard sur la décennie écoulée,
une chose tranche sur toutes les autres: nous avons appris que les problèmes
que rencontrent les femmes ne sont pas sans solution. Nous avons appris quelles
sont les formules qui marchent et quelles sont celles qui ne marchent pas.
Si nous voulons modifier le legs historique qui explique pourquoi les femmes
sont défavorisées dans la plupart des sociétés,
nous devons appliquer à une échelle plus grande les leçons
que nous avons apprises. Nous devons prendre des mesures spécifiques
et ciblées sur un certain nombre de fronts.
Cette année nous offre une occasion précieuse pour ce faire
puisque les dirigeants de la planète se préparent à se
retrouver pour une réunion au sommet au Siège de l’Organisation
des Nations Unies en septembre afin d’examiner les progrès accomplis
dans la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire,
qui a été adoptée en 2000 par tous les gouvernements
du monde comme schéma directeur pour la construction d’un monde
meilleur au XXIe siècle. Dans le cadre de ce processus, je voudrais
engager la communauté internationale à ne pas oublier que la
promotion de l’égalité des sexes n’est pas la responsabilité des
femmes seulement; c’est notre responsabilité à tous.
Soixante
années se sont écoulées depuis que les fondateurs
de l’Organisation des Nations Unies ont inscrit à la première
page de la Charte l’égalité des droits entre femmes et
hommes. Depuis lors, les études successives nous ont montré que
le développement passait impérativement par l’autonomisation
des femmes. Aucune autre politique ne peut davantage accroître la productivité économique
ou réduire la mortalité maternelle et infantile.
Aucune autre
politique ne peut aussi sûrement améliorer la nutrition et promouvoir
la santé, y compris la prévention de la propagation du VIH/sida.
Aucune autre politique n’est aussi puissante pour améliorer
l’accès à l’éducation de la prochaine génération.
Et je me risquerai à ajouter qu’aucune politique n’est
plus importante pour prévenir les conflits ou pour assurer la réconciliation
après un conflit.
Mais, quels que soient les véritables avantages qu’il y a à investir
dans les femmes, le fait le plus important demeure que les femmes ont le
droit de vivre dans la dignité, à l’abri du besoin et
de la peur. En cette Journée internationale de la femme, réaffirmons
notre engagement à faire de ce droit une réalité.