Marie-Claire Boulet, une senior belge de 78 printemps,
vient de mettre des mots sur son expérience de conseillère
conjugale.
Un livre en deux parties pétri d’humanité qui redéfinit
le couple et s’intéresse de près à l’infidélité.
Décapant… mais tout en douceur.
Comment devient-on auteur à 78 ans après avoir planché plus
de 20 ans sur un livre ? L’histoire de Marie-Claire Boulet mérite
d’être contée. Bruxelloise d’origine, elle habite aujourd’hui
un pavillon de poupée au cœur de Genval. Entre 1985 et 1995, elle
a perdu une fille, un fils et un mari. Une décennie qui l’a laissée
effondrée mais pas désarçonnée et certainement pas
vaincue. Est-ce dans sa souffrance qu’elle puisse son compréhension
pour l’autre, son attention, et cette qualité d’écoute
qui devient trop rare en cette époque trop rapide ? N’est-ce pas
là l’essence de son livre ? «Je n’en sais rien, mais
je sais que je déteste l’expression faire son deuil. Moi, je n’ai
jamais fait mon deuil de mes proches, ils restent trop près de moi. Mes
enfants, c’est la chair de ma chair. S’ils partent avant vous, la
tristesse reste… Je n’aime pas trop m’appesantir là-dessus,
et ce n’est pas l’objectif de mon livre, mais pleurnicher, non !
Je le reconnais, quand la scène d’un film ou un fait divers à la
télé me rappelle l’un de mes enfants, il m’arrive de
pleurer. La cicatrice est là, parfois elle s’ouvre. Heureusement,
il me reste mes 11 petits-enfants, un fils et deux filles. La vie prend toujours
le dessus. Cela dit, avoir souffert permet quelquefois de mieux comprendre la
souffrance d’autrui»
Comment en est-elle venue à écrire ce livre? «C’est
une longue histoire, qui commence au début des années 1980 avec
mes activités de conseillère conjugale à Bruxelles et à Genval.
Grâce aux notes que je prenais au fil des années, grâce aux
articles que j’écrivais dans les magazines, je possédais
une matière assez large. Finalement, le 11 septembre 2001, à cause
du gâchis new-yorkais, j’ai trouvé l’impulsion nécessaire
pour avancer et terminer le livre. Il y a du reste de nombreux exemple de cas
concrets dans mon bouquin. Mais que les personnes qui m’ont consultée
se rassurent: je ne cite que des prénoms, toujours maquillés, jamais
de patronymes ni de lieux d’origine. Les problèmes des couples,
du Brabant wallon, de Bruxelles ou d’ailleurs, ne divergent pas beaucoup…»
Elle compare volontiers les problèmes de couple à… des accidents
de voiture. «Ouvrez votre journal et lisez les déclarations des
témoins après un crash. Selon les angles de vue, les déclarations
varient. En amour, c’est pareil.»
Elle si attachée à son mari et à ses enfants, comment voit-elle
les relations extraconjugales ? «Une précision d’abord : tomber
amoureux peut vous arriver n’importe où, à n’importe
quel moment, mais jamais avec n’importe qui. Cela peut arriver à tout
le monde de se sentir attirer par une personne qui n’est pas son époux
ou son épouse. C’est même assez banal à une époque
où les tabous ont tendance à disparaître. Paradoxalement,
les couples ne se portent en général pas si bien que ça.
En ville par exemple, il y a plus de divorces que de mariage. C’est à se
demander pourquoi les homosexuels ont tellement envie de se marier ! Non, je
plaisante. La vérité est que nous devenons terriblement exigeants,
nous revendiquons une sorte de droit au bonheur. Mais la vie de couple, c’est
aussi tenir compte de l’autre.»
Grande leçon.
L’extrait
Quand
ce vieux monsieur me dit : « Moi, je suis un mari fidèle,
je n’ai jamais regardé une autre femme, j’ai envie de
lui répondre : «Pauvres femmes qui n’ont jamais été regardées
!», mais surtout : «Comment avez-vous regardé votre
propre épouse ?»
Pour lui comme beaucoup d’autres la fidélité se définit
spontanément sur une négation qui ne dit rien du tout de
sa manière de vivre en couple. (…) Si la fidélité n’est
qu’une interdiction, le couple n’est qu’un étouffoir,
et qui voudrait s’engager dans un couple pour y étouffer ?
A propos de réconciliation, suivi de A propos de relations extraconjugales,
Editions Memory Press.
Prix de vente :
23 € + frais de port.
Renseignements : Marie-Claire Boulet. Tel : +32 (0) 26538670.
Mail : marie-claire.boulet@swing.be