Jean-Claude Daoust :
Les seniors, oubliés du marketing ?
Le nouveau président de la Fédération
des Entreprises de Belgique n’est autre que l’actuel administrateur
de la société Daoust Intérim.
Opladis : La situation des seniors est paradoxale.
Il y a beaucoup d’inactifs dans leurs rangs, mais les richesses, humaines et pécuniaires,
se trouvent chez eux. Les patrons ne devraient-ils pas davantage
se tourner vers eux, non seulement pour leur faire confiance sur le marché du
travail, mais aussi en termes de marketing. Dans ce dernier
domaine, ils paraissent être oubliés…
Le taux de chômage est inquiétant partout dans le pays.
Les jeunes comme les moins jeunes sont touchés. A l’horizon
2010, nos prévisions ne sont pas bonnes quant aux personnes disponibles
sur le marché du travail. C’est aussi tout le débat
des prépensions. Votre souci quant à la remise au travail
des seniors va devenir un souci de partage dans les années qui viennent.
Certes les seniors ont des richesses de compétence et d’expérience.
Je partage votre point de vue, mais… Si un senior qui vient d’être
engagé par un patron a un accident de parcours, son licenciement
est compliqué. C’est pourquoi, il est davantage apprécié dans
l’intérim pour effectuer une 3e ou une 4e carrière.
L’intérim facilite incontestablement les choses. Moi-même,
j’ai vu nombre de gens qui, décideurs dans leur entreprise,
se sont trouvés tout à coup prépensionnés.
Ils venaient me trouver pour dire qu’ils se trouvaient inutiles,
mais le système faisait qu’ils ne pouvaient pas travailler.
Car notre système a ses travers.
Celui qui a un métier lourd
peut avoir envie de décrocher, ça oui, mais ce n’est
souvent pas le cas de ceux qui ont eu une profession intellectuelle
ou administrative. Il faudrait plus de liberté dans ce domaine,
un pouvoir décisionnel laissé à chacun. Opladis : Quelles sont aujourd’hui les perspectives
pour les aînés?
Il y a mille et une formules pour qu’ils coachent
les jeunes, et les aident dans l’entreprise.
Il existe
des taches d’accompagnement ou de formation, certes
moins en prise directe, et pas nécessairement à temps
plein, mais il faut examiner positivement leur cas, c’est
dans l’intérêt de tous.