Jean-Claude Daoust :
Intégrer toutes les classes
d’âge sur
le marché du travail
Le nouveau président de la Fédération
des Entreprises de Belgique n’est autre que l’actuel administrateur
de la société Daoust Intérim.
Opladis : Je comprends votre point de vue.
Mais vos concurrents tendaient la main vers les aînés alors
que vous sembliez rester en retrait.
Ce n’est pas le cas et ce n’est pas notre discours. Dans
nos contacts avec les publics cibles de chercheurs d’emploi, au travers
de nos communiqués de presse ou dans nos exposés, nous avons
toujours mis les plus de 50 ans en avant. Car il vaut mieux intégrer
toutes les personnes sur le marché du travail de manière équitable.
Opladis : Pas de discrimination !
Aujourd’hui, dans le plan d’action que j’ai rédigé à l’occasion
de ma présidence de la FEB, j’ai mis certains points en
avant. L’un d’eux est le multiculturalisme et l’intégration
des personnes d’origine allochtone. Avec elles, je suis le même
raisonnement qu’avec les seniors.
Je n’ouvrirais donc pas
dans mon entreprise un département pour allochtones. C’est
ma conviction qu’il faut intégrer, mélanger, pour
tendre vers un bon résultat. Notez qu’il relève de
la liberté de chacun de faire comme il l’entend, dans un
climat de libre concurrence, et d’ouvrir des départements
seniors, mais ma conviction n’est pas celle-là.
Opladis : En tant que nouveau patron de
la FEB, reprenez-vous à votre
compte la stratégie 2010 de votre prédécesseur Luc
Vansteenkiste, à savoir la croissance à 2,5 %, la mise
au travail de 65 % des Belges et un léger excédent des
comptes publics pour faire face au vieillissement de la population
?
Le plan 2010 a été bien réfléchi, mais
le président de la FEB n’est pas seul à fixer la
politique et les objectifs de la FEB. Tout cela est décidé en
conseil d’administration après une large concertation de
tous les secteurs représentés. Le nouveau président
met certains accents en avant, qui proviennent de son parcours personnel.
Celui de Luc Vansteenkiste est celui d’un industriel, le mien est
lié aux ressources humaines, à l’emploi, au chômage.
Par rapport au plan 2010, il y a des points qui demeurent conformes et
puis il y a des points qui ne se réalisent pas. Pourquoi ? Comparons
les chiffres du premier trimestre 2005 à ceux du dernier trimestre
2004. Nous sommes en croissance zéro. En revanche, les Etats-Unis
ou la Chine bénéficient d’une croissance de plus
de 4 %. Notre compétitivité est pour le moment mise à mal.
Il y a donc des prévisions de ce plan qui ne se sont pas réalisées.