Le nouveau président de la Fédération des Entreprises
de Belgique (FEB) n’est autre que l’actuel administrateur de
la société Daoust
Intérim.
A 56 ans, Jean-Claude Daoust se voit encore actif une dizaine
d’années. Mais comment évalue-t-il le marché des
seniors ? Interview sur un thème piège : les plus de 50 ans.
Opladis : Dès la fin des années 90, les
seniors se sont retrouvés en majorité inactifs sur le marché de
l’emploi. Vos concurrents Randstad et Creyf’s ont créé des
départements spéciaux pour y accueillir les aînés
demandeurs d’emploi. Pourquoi ne leur avez-vous pas emboîté le
pas ?
C’est une décision réfléchie. Ni hier, ni
aujourd’hui, ni demain, je n’adopterai cette politique – encore
que changer d’avis ne soit jamais exclu. Il n’empêche,
l’intérim reste pour moi un outil servant à insérer
les jeunes ou réinsérer les moins jeunes sur le marché du
travail.
Ma conviction a été que si Daoust ouvrait un département
senior, c’était un signal de discrimination, certes positif,
mais discriminatoire. J’ai préféré mettre
en valeur la compétence ou l’acquis professionnel des personnes
plutôt que leur âge. Du reste, le réflexe le plus
fréquent de nos clients qui demande du personnel en renfort est
de réclamer quelqu’un de compétent et non de se braquer
sur l’âge. Je préfère accueillir et agir dans
la mixité. Un exemple : si un client me réclamait un renfort
temporaire de trois intérimaires, souvent une personne de plus
de 50 ans se trouvait parmi eux. Opladis : L’âge, ce n’est jamais une préoccupation
?
Je n’ai pas cette impression-là quand j’analyse
les demandes. Et quand je vois les statistiques de mises
au travail des seniors grâce à notre entreprise, je me
trouve légèrement
au dessus de la moyenne du secteur. J’ajoute qu’il existe
un autre produit de ressources humaines qui est valorisant
et fort intéressant
: l’outplacement.
Il consiste à accompagner les personnes
de plus de 45 ans pour qu’elles trouvent un emploi par elles-mêmes.
Cela les aide à rédiger un curriculum vitae en fonction
de l’emploi convoité, à se débrouiller avec
Internet. C’est un produit positif pour permettre de rebondir dans
une carrière.