Carine Vyghen
"
Dans dix ans, les seniors
seront majoritaires"
Installée à Neder-Over-Heembeek depuis 25 ans, mère
de deux enfants, journaliste devenue femme politique, Carine Vyghen est
projetée depuis 12 ans, en tant qu’échevine des Affaires
sociales de la ville de Bruxelles, sur la planète des seniors. Rencontre.
Opladis : Vous aviez moins de 40 ans
(elle en a 46 aujourd’hui, ndla) quand vous avez été amenée à vous
intéresser aux âges extrêmes de la vie. Pour les crèches
et les poupons, cela n’a pas dû poser de problèmes à la
mère de famille que vous êtes, mais qu’en est-il des
aînés ?
Cela ne s’est pas fait en un jour, mais sur la durée. A
force de fréquenter les seniors, je me suis rendu compte que l’expérience
et le savoir, c’est eux qui le possédaient. Quand on a un
passé, on a nécessairement accumulé une richesse intérieure,
de la bonne humeur souvent, et donc de l’humour. De plus, parmi eux,
je ne m’ennuie pas, je les fréquente avec plaisir, à tel
point que durant les vacances, il m’arrive de m’attabler avec
eux pour me faire battre à certains jeux de société.
Ils sont très forts.
Opladis : Itinéraire étonnant
pour une ex-journaliste sportive !
J’ai toujours aimé me battre pour des idées. De
formation, je suis licenciée en Journalisme et communication sociale
de l’ULB, mais déjà à cette époque
je faisais partie des Jeunesses socialistes et je vivais à Neder-Over-Heembeek.
Devenue journaliste sportive à l’agence Belga, j’ai
vite constaté, au milieu des années 80, que les femmes étaient
par exemple exclues des courses cyclistes en Belgique, et je me suis
battue pour qu’il n’en soit plus ainsi. A cette époque,
dès 1982, je me suis présentée sur une liste socialiste,
mais je n’ai pas été élue. Cela ne m’a
pas découragée. J’ai remis ça en 1988, avec
succès cette fois-là. Un peu après, en l’an
2000, j’ai cessé mes activités de journaliste.
Opladis : La presse, ça vous manque
?
Disons qu’auparavant, j’avais un pied dans le milieu du
travail et un pied dans la vie politique. Le fait d’être
journaliste me permettait aussi de jeter un regard critique sur la vie
politique, ce qui d’ailleurs m’a valu des déboires.
Cet esprit d’indépendance, le fait aussi que je prenne parfois
trop à cœur la défense des intérêts du
contribuable, ce n’est pas toujours apprécié et il
est arrivé que l’on me retire certaines attributions.