Opladis : Faut-il néanmoins consommer, et de préférence
beaucoup, pour appartenir à cette société ?
Soyons clair : nous devons tous consommer pour assurer notre
subsistance. En outre, tout être humain a ce souci de faire partie
intégrante d’une société, à des niveaux
divers, et il a aussi ce besoin d’être reconnu et considéré par
ses pairs. Le problème des seniors aisés est moins d’ordre économique
que mental. L’isolement, la tristesse, le sentiment d’inutilité sont
souvent le lot de ces personnes. Cette vie-là n’est plus conforme
aux aspirations qui ont été les nôtres pendant les
différents âges de l’existence.
Opladis : Il y a un besoin de réintégration…
Cela ne veut pas dire que, comme au Japon, il faille garder
dans le circuit économique des patrons de 85 ans. Le plus important,
c’est de rester un acteur social responsable, peu importe votre
niveau d’activité. Opladis : A titre personnel, comment ferez-vous
face à la
retraite ?
- Tant que j’aurais la santé, physique et mentale, je garderai
la plus grande activité possible. Rien n’est plus déprimant
que de rester en marge d’une société et rien n’est
plus stimulant de rester dans le courant de l’existence.
Opladis : Et du côté des
hobbies ?
J’en ai beaucoup car j’ai eu cette chance de naître
dans un milieu socioculturel fort ouvert sur la culture. J’adore
l’art, la peinture contemporaine notamment. Je suis aussi président
de la Fondation Belgacom, qui a pour mission d’intégrer
l’art dans la communauté de travail des 20.000 personnes
de cette entreprise. C’est passionnant, très prenant aussi.
Opladis : L’art donne-t-il des réponses
?
L’art contemporain m’a fait comprendre que la vérité n’est
jamais simple, ni unique. Et puis, l’art ramène aux questions
essentielles : la mort, la vie, la souffrance, l’interrogation,
le partage, la recherche d’identité. L’art, par sa
complexit é, incite en tout cas à la
modestie et interpelle.