Opladis : Commercialement,
les seniors sont aussi des acheteurs potentiels convoités. Mais
tient-on suffisamment compte de leurs desiderata ?
Dans de nombreux secteurs, loisirs, banques, assurances,
santé, ils demeurent une cible importante. Les hommes de marketing
le savent : plus de 35% des consommateurs appartiennent à la catégorie
senior.
Opladis : Mais notre société tient-elle
suffisamment compte de cet important groupe de personnes
?
Il reste beaucoup à faire. Notre approche sociale,
non commerciale, associative, n’est pas ce qu’elle
devrait être. La vie des plus de 60 ans devrait être
marquée par la convivialité. Or, nombre de
seniors non actifs sont plongés dans l’isolement,
ou alors ils ont des problèmes d’ordre financier.
Ce ne sont pas des exclus, il ne faut pas exagérer,
mais nous faisons trop peu, nous n’agissons pas suffisamment
pour les associer à la vie communautaire.
Opladis : Le
mercantilisme triompherait-il sur tous les fronts ?
Le premier ressort d’une entreprise reste le profit,
mais il faut tenir compte du problème dans sa globalité.
Une société, c’est beaucoup plus qu’une économie
de marché. Et bien ! cette société doit
faire plus, beaucoup plus, pour que le 3e âge de la
vie offre encore des perspectives, et notamment le sentiment
d’appartenance et de prise en considération.
Opladis : L’économie ne pourrait-elle
pas, elle aussi, être plus sensible à ce que
les personnes d’un certain âge souhaitent ? Prenons
l’exemple des GSM. Très peu d’entreprises
mettent en vente des GSM faciles à utiliser, avec
des touches larges et une qualité d’écoute
au-dessus de la moyenne…
L’économie, même si elle tient compte
des plus âgés, doit aussi se plier aux lois
des grandes séries. Il faudrait une grande lame de
fond, un peu comparable à celle dont ont bénéficié les
handicapés il y a quelques années, pour rendre
la vie des seniors plus commode.
Opladis : Pour l’ordinateur, c’est pareil
: il y a une vraie fracture numérique chez les plus
de 60 ans. Mais que fait-on pour la réduire ? Pas
grand-chose !
Je ne dirais pas que l’on ne fait rien, mais il est
vrai que cela ne bouge pas assez. Au niveau des communes,
des efforts devraient être faits. Comme, par exemple,
organiser une formation continue pour les plus âgés.
Opladis : Trouvez-vous que les
grandes surfaces tiennent compte des personnes isolées en leur proposant des
produits adaptés ?
Des choses sont faites. Il existe par exemple une multitude
de plats en proportion réduite ou encore des petites
bouteilles de vin d’une vingtaine de centilitres. Mais,
comme je vous le disais, nous vivons dans une société où il
y a une uniformisation sur la masse. Economiquement, il n'est
pas possible de diversifier les propositions d’achat
pour satisfaire à la fois une famille de 14 personnes
et un personne isolée. Mais ce la ne me semble pas
un problème fondamental. Il faut plus œuvrer
dans d’autres directions : le dialogue, le niveau mental,
l’environnement, l’entourage en créant
des contacts réguliers pour améliorer les conditions
de vie de ceux qui font partie de ce 3e âge.