Opladis : Combien de temps duraient ces cours ?
Les animateurs ont commencé à donner des cours de groupes
de 2-3 heures, avec un maximum de 10 participants. C’était
un mélange d’exposés brefs audiovisuels, de démonstrations,
d’exercices, de travail en petits groupes, de feedback. Ainsi, nous
n’ennuyions personne tout en tentant de rester ludique. Les Finlandais
appellent cela « the Joy of Learning – le plaisir d’apprendre »
Opladis : Votre conclusion après
les premiers cours ?
Les seniors veulent continuer à apprendre. Quatre seniors sur
cinq de plus de 60 ans veulent aujourd’hui rester dans le coup.
Ils veulent continuer à se développer personnellement,
participer à la culture, à la vie sociale. Ils éprouvent
une vraie joie d’apprendre. C’est une notion que nous ne
devons jamais perdre de vue, et la base de toute formation
permanente. Nous-mêmes avions 12 animateurs Internet la première
année,
en 2001. Nous en avons 71 à l’heure actuelle.
Opladis : Quelle est aujourd’hui la fréquentation
d’Internet par les seniors en Flandre ?
Environ 12 % des plus de 60 ans vont régulièrement sur
Internet. 22% d’entre eux ont un ordinateur. Dans 5 ans, 35 % des
seniors auront un ordinateur. Pour les aider dans cette acquisition,
un site comme www.ecopce.be les aide en reconstituant des
ordinateurs, en les retapant et en les revendant à 40 ou 50 %
du prix.
Opladis : De quoi les seniors informatisés
sont-ils le plus friands ?
Ils veulent surtout échanger des courriels et visiter des sites
web. Parmi ceux qu’ils préfèrent, il y a les sites
touristiques, culturels, généalogiques et financiers. La
dernière enquête d’Insites prouve que le « online
banking » devient très populaire. Opladis : Les seniors ne
vont plus à la banque ?
Il existe deux groupes : ceux qui veulent absolument garder
le contact avec leur banquier et ceux qui vont sur Internet.
L’e-banking
a un succès foudroyant en ce moment. La banque KBC compte actuellement
300.000 seniors on-line, chiffres qui progressent grosso modo de 100.000
unités par an. C’est dire la progression, et le succès
fou de la toile en ce moment. Les seniors sont vraiment fanas d’Internet.
Opladis : Dans votre action, vous êtes également aidé par
Telenet et par Belgacom. En quoi ?
Telenet a vendu, par exemple, une formule confort, avec modem,
qui permet au nouveau client senior de se faire initier à la maison
par un animateur durant 2 à 3 heures. On a fait 335 visites, et
l’évaluation indépendante des seniors était
très positive. Nous allons aussi faire une formule Tupperware.
Là, un animateur Seniornet viendra chez une personne qui a invité trois
ou quatre seniors chez lui. En ce qui concerne Belgacom, il y a l’action « Easystart » -
en Wallonie comme en Flandre. C’est une formule un peu différente
: un cours de groupe de 2 x 3 heures sur l’Internet et les courriels.
Belgacom nous paie tous les frais.
Opladis : Pourriez-vous
nous dire quelle est la différence entre
les sites seniornet.be (ou seniornetvlaanderen.be) et seniorennet.be
?
Seniorennet est un portail, développé par un jeune étudiant
d’informatique, qui reçoit quelque 250.000 visiteurs par
mois. Il présente toutes sortes de sources d’informations
liées aux média, à l’actualité, aux
agences de voyages, il contient plusieurs groupes chat, et quelques modules
d’apprentissage. Nous, à seniornetvlaanderen.be, faisons
plutôt de la formation et puis de l’information, notamment
sur la politique des autorités, la culture, les pensions ou la
santé. Nous avons environ 30.000 visiteurs par mois. Nous disposons également
d’un FORUM qui tente de répondre aux questions tous azimuts
des seniors, et surtout sur les TIC, avec un taux de réponse de
90%. Bien sûr, nous ne travaillons qu’avec des bénévoles
et, si nous avons reçu des subsides du ministère de la
Santé et du Bien-être, pour initier les seniors à l’Internet,
ce n ’est
plus le cas actuellement. Opladis : Comment se fait-il que la Flandre
des associations a un tel pouvoir sur la vie politique et sociale
alors qu’en Wallonie on
a un peu l’impression que chacun travaille dans son coin ?
Parce que, depuis 1994, nous sommes tous membres de l’OOK (Ouderen
Overleg Komitee). Cet organisme est un peu la coupole de toutes les associations
et les centres spécialisés : il représente quelque
750.000 personnes et les défend. L’OOK est donc le partenaire
unique du monde associatif ou socio-culturel senior pour le gouvernement.
En Wallonie, pour autant que je sache, les organisations travaillent
chacune pour et par eux-mêmes, il n’y a pas un porte-parole
représentant le associations vers le gouvernement : c’est
sans doute trop peu.