Opladis : Comment avez-vous abordé vous-même
la pension ?
Depuis 1996, je n’ai plus eu aucune activité de professeur
strictement dite, mais je voulais continuer l’éducation permanente
des universitaires. Quand un étudiant possède son diplôme,
on pense que son apprentissage est terminé. Faux, évidemment.
A Louvain-la-Neuve, ils avaient leur institut d’éducation
permanente FOPA. A Leuven, nous avions un institut du 3e Age
donnant des conférences, un peu à l’image des Universités
du Troisième Age. Ce qui manquait, c’était un Centre
d’Education permanente universitaire pour coordonner les actions
diverses des départements. On m’a proposé de le mettre
sur pied.
Opladis : Quelles furent les premières tâches d’une
nouvelle Education permanente pour seniors ?
Il y en a eu plusieurs, suivant les besoins individuels et
les nécessités sociales.
Dans le monde des seniors, il y avait un vrai problème, une défaillance
entre les nouvelles technologies et les personnes. En 1997, la KBG (pensionnés
chrétiens) faisait une conférence sur « seniors et
nouveaux média ». J’ai parlé de la nécessité de « prendre
la grande route informatique » à l’aide d’une
présentation Powerpoint. Conclusion de la conférence :
nous sommes en pleine révolution médiatique et les seniors
en sont absents. Quand j’ai avancé qu’en 2010, pour
les formulaires et autres taxes communales, il faudrait aller sur Internet,
on m’a regardé avec des yeux ronds.
Opladis : Personne n’était prêt à cela…
Les objections étaient partiellement fondées. On me disait
: « Un ordinateur, c’est trop cher, tout est écrit
en anglais… Notre machine à écrire nous suffit. » Il
y avait quelque 300 représentants des seniors dans la salle. Eh
bien, seulement 22 personnes présentes possédaient un ordinateur!
Opladis : Moins de 10 % !
Et c’était des dirigeants du mouvement ! Il fallait faire
quelque chose, aller de l’avant. Dès lors, un site web pouvait être
une solution. Il fut créé en 1999 : www.seniornetvlaanderen.be
. Mais ce n’était pas suffisant, il nous fallait un véritable
organisme d’apprentissage avec une devise : un senior apprend l’informatique à un
autre senior. Nous avons alors mis sur pied tout un réseau.
Opladis : Seniornet Vlaanderen naît en l’an 2000.
Comment vous y êtes-vous pris pour enseigner ?
On a mis sur pied un plan d’action en quatre phases. Première étape
: informer les seniors sur les nouveaux médias. S’ils ne
voulaient pas participer à l’enseignement informatique,
tant pis, mais ils se devaient au moins de comprendre leurs petits-enfants
quand ces derniers leur parlaient d’e-mail, de GSM ou d’Internet.
Opladis : Quelles furent les autres étapes
?
Ensuite, il a fallu sensibiliser, faire un travail de motivation.
Puis, nous avons donné des cours, et fait graver des CD-ROM,
six au total, qui expliquait l’informatique et contenaient même
des séquences filmées pour bien montrer ce qu’il
fallait faire. Opladis : Un peu à l’image de ce que fait Paulin
Duchesne à Namur !
Exactement ! Enfin, dernière étape, il nous fallait des
animateurs. En 2001, 12 animateurs ont suivi un cours qui durait 4 jours.
Le plus important message était qu’il ne faut pas punir
les seniors parce qu’ils sont lents. Il fallait aussi lier apprentissage
et expérience vécue, leur parler famille, sécurité,
pension, etc. La didactique devait être axée sur ces points-là.
Et cela par petits pas.