Gaston Onkelinx : septuagénaire Liègeois, rouge et actif ...
Opladis : Monsieur Onkelinx,
vous êtes bien connu en
Principauté de
Liège et bien au-delà : militant dans l’âme,
vous avez été délégué syndical à Cockerill-Ougrée
avant de vous engager dans la politique, d’être
conseiller communal, député et bourgmestre
de la ville de Seraing. Aujourd’hui, bien que retraité de
73 ans, vous restez un homme très actif puisque vous
présidez à la destinée de la Confédération
des pensionnés socialistes.
C’est exact ! A partir du moment
où j’ai quitté mes mandats parce que
j’avais pris ma pension, on m’a sollicité pour
m’occuper des multiples problèmes des pensionnés
socialistes. Dans un premier temps, j’ai accepté de
prendre leur direction à Liège. Ensuite, on
m’a proposé la présidence de la Confédération,
au niveau national.
Cette confédération regroupe 13 fédérations de
Wallonie et Bruxelles et une centaine d’amicales de pensionnés
socialistes, présentes dans à peu près toutes les communes.
J’ai estimé que j’avais une dette vis-à-vis des seniors,
car, en fin de compte, c’est un peu grâce à eux que j’ai été si
souvent élu. De plus, j’estimais devoir m’impliquer vis-à-vis
de mon parti, qui m’a toujours soutenu, alors, qu’au départ,
je n’étais qu’un simple ouvrier.
Opladis : On
dit généralement que les pensionnés
ont souvent des agendas très chargés. Est-ce
votre cas ?
Oui. Il l’est, parce que le PS encourage
très fortement les groupements de pensionnés
socialistes. La présidence d’Elio Di Rupo encourage évidemment
les bourgmestres à ne pas délaisser les besoins
des pensionnés, à tel point que dans les statuts
du PS, le président de la Confédération
est, ipso facto, membre du Bureau du parti, membre du Collège
des secrétaires fédéraux et vice-président
du PAC, le mouvement culturel du PS.
Tout cela m'impose beaucoup de devoirs et de réunions. De plus, chaque
section, chaque union socialiste communale et chaque fédération
politique du Parti socialiste a l’obligation d’avoir, dans son
comité, un représentant de la Confédération des
pensionnés socialistes. Evidemment, tout ça me prend beaucoup
de temps et m’oblige à de nombreux déplacements.
Opladis : Et
vous n’êtes jamais fatigué ?
Non. La pire des choses, c’est l’isolement.
Surtout pour les personnes âgées. L’ennui
est une chose terrible, de même que la solitude. Il
faut être occupé et avoir de la sollicitude
pour les personnes âgées, afin qu’elles
ne se retrouvent pas isolées.
La solitude fait vieillir. Il faut donner une impulsion à ces gens qui
ont travaillé toute leur vie et sont à la base des richesses économiques
du pays. Il serait inacceptable de ne pas s’en occuper et je pense vraiment
que tous les anciens parlementaires ou mandataires doivent s’inscrire
dans cette mouvance et, de par leur expérience sur le plan politique, être
aux côtés des seniors.
Opladis : Quand Gaston
Onkelinx n’est pas, le lundi au bureau
du parti, le mardi à une réunion du PAC, le
mercredi à un goûter de pensionnés à Charleroi,
le jeudi ailleurs encore, quels sont ses hobbies ?
J’adore aller au théâtre
et j’ai la chance qu’à Liège, ce
soit facile. De plus, mon épouse partage les mêmes
centres d’intérêts et elle m’accompagne
souvent. Nos hobbies, c’est donc tout cela. De plus,
nous sommes souvent conviés à des fêtes,
nous allons au cinéma et nous avons des activités
multiples, mais nous évitons le divan et la télévision
en permanence.
Opladis : A vous entendre
parler avec enthousiasme de votre engagement politique à 73 ans, on comprend mieux pourquoi vous
avez transmis ce gène militant à votre fille
Laurette, notre Ministre de la Justice et vice première
Ministre ...
Nous avons six enfants et onze
petits-enfants. Tous les dimanches, Laurette vient de Bruxelles
pour voir
ses frères et sœurs, ses filleuls et nous, bien
sûr.
Laurette a toujours été très active. Elle a absolument
voulu obtenir un bon diplôme et elle est ainsi devenue avocate. Elle
s’est aussi immédiatement impliquée en politique. Elle
fut même secrétaire politique de ma section et notre déléguée.
Encore maintenant, alors qu’elle est ministre, on ne frappe jamais inutilement à sa
porte.
Je pense que nous lui avons servi d’exemple, tout comme à ses
frères et sœurs : un de nos fils est conseiller provincial à Liège,
une de nos filles a tenu pendant plus de 10 ans une Maison du peuple, un autre
fils a été parmi les tout premiers jeunes à être élu
au Conseil d’entreprise de Cockerill-Sambre. Quant aux autres, ils sont
tous les deux délégués syndicaux. Nous sommes une famille
de militants, sans aucun doute !