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  Interview de Monsieur Georges Rousseau, président des Seniors Réformateurs  

Monsieur Georges RousseauNous avions rencontré Georges Rousseau à Zenith, sur le stand de l’association qu’il préside, les « Seniors Réformateurs », mais le brouhaha du Heysel interdisait alors toute interview audible.

Nous l’avons donc retrouvé quelques jours plus tard, à Philippeville, dont il fut bourgmestre pendant six ans.

A 69 ans, Georges Rousseau est un homme dynamique, jovial et dont l’optimisme et la joie de vivre explosent. Portrait sous forme d’interview…

Opladis : M. Rousseau, nous nous rencontrons dans votre bureau à l’Intercommunale des eaux de Namur, dont vous êtes le Président. Un président de 69 ans, qui a toujours bon pied, bon œil, après pourtant une carrière complète dans l’enseignement à l’Athénée de Philippeville suivie d'une carrière politique.
Effectivement ! J'ai débuté cette deuxième carrière à 42 ans, par le poste de conseiller de l’aide sociale. En tant que tel, j’ai réalisé quelques projets qui m’ont propulsé au poste de Président du Conseil de l’aide sociale, c’est-à-dire Président du CPAS de Philippeville. Pourquoi je n’ai pas commencé plus tôt ? Peut-être parce que l’opportunité ne s’est pas présentée, mais, surtout, parce que je voulais préserver ma vie familiale, rester à la disposition de ma fille tant qu'elle était dans l'enseignement secondaire, notamment. J’aurais d’ailleurs aimé avoir d'autres enfants, mais la nature en a décidé autrement.

Opladis : En 1977, donc, vous entrez en politique par, je dirais, la petite porte communale qu’est le CPAS, sans avoir figuré sur aucune liste puisque ce n'est pas nécessaire pour ce poste. En 1983, on a cependant remarqué vos capacités puisqu’on vous confie la présidence de ce CPAS.
Oui. Et là, j'ai participé aux élections, mais sans faire aucune campagne électorale. Ce qui ne m'empêche pas de me retrouver à deux voix de moins que le bourgmestre. Je ne sais toujours pas comment j’ai pu obtenir ce nombre de voix, mais c’est ce qui m’a donné confiance pour me représenter ensuite.

Opladis : Si bien qu’en 1989, vous devenez le maïeur de Philippeville.
Oui. En 1989, je deviens bourgmestre de Philippeville. Six ans plus tard, au terme de ce maïorat, je me suis représenté aux élections où j’ai obtenu le meilleur score. Mais le jeu des alliances a fait que, malgré tout, je me suis retrouvé dans l’opposition. Une situation difficile à vivre quand, comme moi, on fait les choses avec sérieux, quand on suit scrupuleusement chacun des dossiers et que la population vote massivement pour vous. Cependant, je n'ai pas sombré dans la dépression pour autant, je me suis relancé et, entre autres, depuis 10 ans maintenant, je suis Conseiller provincial. J’ai également été une première fois vice-Président du Conseil provincial et je le suis à nouveau maintenant. Je serai donc appelé à siéger si le Président est absent.

Opladis : Est-ce que, pour Madame, qui espérait peut-être vous voir plus souvent à la maison à partir du moment où vous avez pris votre retraite comme enseignant, n'est-ce pas parfois un peu frustrant ?
Ecoutez: cela fait 40 ans que nous sommes ensemble et elle est toujours là. C'est qu'elle ne doit pas être trop malheureuse, non ? Mais c'est vrai que la politique est une activité très prenante. J'y ai passé énormément de soirées. D'autant plus que j’ai mené mon maïorat avec un horaire complet d’enseignant ! Mais je l’ai fait parce que ma fille était à l’université et, qu’à cette époque, comme nous étions payés au prorata du nombre d’habitants, le salaire de bourgmestre n'aurait pas permis d'assurer. A l’heure actuelle, j’ai encore certains mandats : conseiller communal, conseiller provincial, vice-président, président de l’Intercommunale. On vient de m’appeler au Conseil wallon du 3ème âge, où je suis conseiller et où l’on se réunit une fois par mois pour décider du maintien et/ou du fonctionnement de certaines institutions pour personnes âgées.

Opladis : Vous êtes également le Président national des Seniors du MR…
C’est aussi une fonction à laquelle j’ai été appelé par voie de vote. Nous étions deux candidats et j’ai été élu au premier tour. Je n’y comptais pas du tout et, lorsque je suis arrivé, il n’y avait aucune structure. J’ai donc appelé quelques bons amis avec qui nous nous réunissons une fois par mois. C’est le bureau exécutif des seniors réformateurs. Nous y mettons en place des structures qui nous permettent d’aider les aînés du MR dans ce passage vers le 3ème âge ou, plus exactement, la retraite. On ne prépare pas suffisamment sa retraite ou sa préretraite. Nous ne sommes pas une association de terrain: nous n’organisons pas d’excursions, de visites, de jeux, etc. Notre rôle, c’est d’être l’intermédiaire entre les personnes du 3ème âge (c’est à dire, au niveau du MR, les plus de 55 ans) et les instances qui décident. Nous ne prenons pas de décisions générales. Nous récoltons les problèmes, nous engrangeons les soucis des seniors pour pouvoir les envoyer vers les décideurs.

Opladis : On parle des seniors mais il y a aussi le 4ème âge et là, vous êtes personnellement concerné puisque vous avez la chance d’avoir encore votre maman qui a 95 ans…
Je dois vous dire que c’est à la fois un tout petit souci, parce qu’on vieillit, mais surtout une fierté. C'est un très grand plaisir, quand je vais rendre visite à ma maman avec mon épouse, ma fille et mon petit-fils, de la voir en admiration devant son arrière-petit-fils. Ajoutons que j'ai aussi côtoyé les personnes âgées dans mes fonctions de président de CPAS. Cela a d'ailleurs été ma première grande responsabilité. C'est là que j’ai appris, même si j’en avais déjà une petite expérience avec des jeunes de par ma carrière d’enseignants, à m’occuper de personnes précarisées ou, en tout cas, qui éprouvaient des difficultés et n’étaient pas très fières d’être dans cette situation. Cela m’a apporté énormément. Je ne pensais pas, lorsque j’ai été propulsé à ce poste, que j’aurais autant de plaisir à remplir cette fonction. C’est d’ailleurs la fonction qui me laisse le meilleur souvenir. Meilleur même que mon maïorat. Parce qu’on se sent vraiment utile et nettement moins stressé. Un travail de bourgmestre, surtout en zone rurale, est un travail de proximité, où tout le monde réclame tout le temps: des égouts dans sa rue, des casse-vitesse, mais pas devant chez soi parce que ça fait du bruit, etc. C’est au CPAS que j’ai notamment eu l'occasion de mettre sur rails la Résidence Vauban, un home pour personnes âgées.

Opladis : A 69 ans, quel est le ressort qui, tous les matins, fait que vous ne traînez pas la savate mais vous mettez en route pour respecter votre agenda ?
Il n’y a pas de recette mais, avant tout, une volonté. Il faut du courage et de la motivation. Mon moteur ? Le plaisir de rendre service à mon prochain. Quand quelqu’un téléphone ou vient me trouver parce qu’il a des problèmes et qu'ensuite il revient me voir avec des bonnes nouvelles, vous n’imaginez pas le plaisir que ça me procure, peut-être même plus qu'à la personne elle-même ! C’est presque un sentiment égoïste. Des amis me demandent quand je vais arrêter. Je leur réponds que j’arrêterai quand je ne saurai plus, mais ce ne sera peut-être pas loin de la fin de ma vie. Il ne faut pas faire d'effort pour être paresseux, mais pour être courageux, non plus. C'est dans ma nature. Je suis disponible pour les autres, c'est tout.

Opladis : Et Georges Rousseau, lorsqu’il a fini de s’occuper des Seniors Réformateurs, quand il a accompli sa mission de conseiller provincial, quand il a assumé ses fonctions de président de l’Intercommunale des eaux… dans son jardin secret, quels sont ses autres hobbies ?
Mon potager ! Je cultive mes pommes de terre et mes tomates pour toute l'année, sans serre. Je récolte mes oignons, mes laitues, mes scaroles, mes carottes… A côté de ça, je bricole avec plaisir et je me suis même mis à l’Internet où, par exemple, je viens d’apprendre à souder du cuivre, ce qui m’a permis d’installer un robinet extérieur chez moi. Vous vous rendez compte ? Je n’ai jamais de loisirs. C'est pour ça que j’e suis un homme heureux !

Nous vous remercions, Monsieur Rousseau ! Bonne continuation !

Une interview réalisée par Luc Verton pour compte de Opladis

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