ET SI L’EUROPE…
Le feuilleton DHL semble avoir atteint son épilogue :
la multinationale de courrier express, filiale des Postes allemandes,
renonce à développer son trafic international
à Bruxelles-National et ira s’installer sur un
aéroport champenois : coût social = 1.700 emplois
perdus.
Et cela, par souci d’un profit maximal, excluant le recours
à des avions modernes, moins bruyants et moins polluants
!
Ainsi donc, toutes les multinationales seraient coulées
sur le même moule, même quand leur actionnaire principal
est une entreprise publique : bénéfices maximalistes
au mépris de tout principe environnemental ! ...
Certes, la saga « DHL : partira ? Partira pas ? »
n’aura pas occupé nos petits écrans aussi
longtemps que Dallas ou Dynastie, mais les rebondissements,
intrigues et autres effets tenant le téléspectateur
en haleine n’auront pas manqué ces dernières
semaines.
A qui la faute ?
A ces francophones venus habiter la périphérie
et qui protestent contre le bruit des monstres volants de DHL,
comme l’affirmait un néerlandophone pointu interviewé
par le JT ?
A Charles Picqué et aux « égoïstes
» Bruxellois qui ne veulent pas de vols supplémentaires
au-dessus de la Capitale, déjà bien desservie
en matière de nuisances sonores diurnes et nocturnes
?
A la Flandre, qui veut les emplois de DHL, mais pas le bruit
des avions ? Au gouvernement fédéral, incapable
de dicter une solution acceptable pour tous, DHL, Région
flamande et Région de Bruxelles-Capitale ?
A DHL, dont les diktats aux autorités belges n’étaient
que mise en scène d’un scénario de délocalisation
déjà bien arrêté ?
Cherchons plutôt le mal (et le remède à
ce genre de chantage) ailleurs, à savoir au niveau de
l’Union européenne ! Si l’Europe des 25 légiférait
utilement et imposait une règle unanime, applicable sur
l’ensemble du territoire européen…
Une règle unanime prévoyant que les vols nocturnes
des entreprises de courrier express s’arrêtent entre
22h.00 et 6h.00 du matin, que les décibels tolérés
(et strictement contrôlés, avec sanctions à
l’appui) soient ceux d’avions modernes, moins bruyants
et moins polluants : alors, le chantage d’un DHL ou autre
transporteur de courrier serait impossible et l’activité
économique deviendrait conciliable avec le droit au repos
des populations, qu’elles soient des environs de Zaventem,
de Reims ou de Leipzig. Sinon, à quoi sert cette Europe,
sinon à occuper nos petits écrans avec l’homophobie
d’un commissaire italien au discours ultra passéiste
ou les coûts vertigineux de rénovation du Berlaimont
?
L’Europe paraîtra utile, nécessaire et profitable
à ses 380 millions de citoyens quand elle mettra au pas
des DHL et autres multinationales systématiquement enclines
au chantage des délocalisations, quand elle empêchera
les bateaux poubelles d’armateurs véreux de naviguer
dans les eaux de l’Union et de polluer régulièrement
nos côtes, quand elle imposera des normes sociales ambitieuses
pour tous les Européens, du Nord, du Sud ou de l’Est...
Répétez-le à votre Député
européen si, par hasard, vous le croisez !