Interview du ministre du Budget sur les perspectives
du vieillissement et les
derniers chiffres présentés par le Comité d’étude
en la matière (CEV).
C’est l’entrée en pension des
baby-boomers qui constituera le premier cap critique vers 2014. Opladis : Vous tablez sur une forte augmentation de l’emploi
pour tenir le pari du vieillissement, mais d’un autre côté vous
parlez d’une diminution de 200.000 personnes en âge de travailler
dans les prochaines décennies…
C’est l’essentiel du débat sur les personnes actives. Le
but est qu’il y ait plus de personnes qui travaillent. C’est pourquoi
notre taux d’activité doit aller de 60 %, qui est notre taux actuel, à 70
% dans les prochaines années.
Opladis : Dans le contexte économique actuel, n’est-ce
pas utopique ?
Certainement pas, car cela voudrait dire que notre bien-être est utopique
aussi. Ce qui n’est pas le cas. D’accord, nous avions parlé au
gouvernement de 200.000 emplois, et les commentateurs ont dit que nous n’y
arriverions jamais. C’est sans doute beaucoup, mais il ne faudrait pas
oublier qu’en 2007, nous arriverons à 100.000 nouveaux emplois
créés. Et d’autres emplois nouveaux suivront. L’an
dernier, nous en avons compté 35.000. Il ne faudrait surtout pas donner
l’impression qu’il n’y a pas d’emplois créés,
car leur nombre augmente encore chaque année. Avec une croissance acceptable,
disons de l’ordre de 2 à 2,5 %, nous pouvons soutenir notre modèle
social. Dans le cas contraire, ce serait critique…
Opladis : Le moment le plus sensible a été reculé de 2012 à 2014.
Pourquoi ?
Certes, nous avions d’abord situé le seuil critique en 2010-2012,
car c’est à cette époque que ce situe l’entrée à la
pension des baby-boomers, mais ce ne sera qu’en 2014 que nous commencerons à constater
les premières augmentation substantielles de pensionnés. Encore
que se tromper d’une année n’est pas à exclure. C’est
ce que le dernier rapport sur le vieillissement révèle: la dette
se situera entre 50 et 60 %, mais il nous faudra combler cette difficulté.
Et puis, il y a un élément qu’il ne faut certainement pas
perdre de vue : c’est le contexte européen. Nous dépendons
de cela aussi.