Le gouvernement détient
les clés du vieillissement…
… mais il n’est pas le seul. Le gouvernement belge évalue,
avec l’aide du Comité d’étude sur le vieillissement
(CEV), le coût de notre société vieillissante jusque l’an
2030.
Mais les chiffres restent des chiffres… et ils changent souvent.
Une chose est sûre : la croissance de notre économie est un must.
Explications de Guy Verhofstad et interview de Johan Vande Lanotte.
Guy Verhofstadt
est content. Le Comité d’Etude sur le Vieillissement,
qui dépend du Conseil supérieur des Finances, a fait du bon boulot.
Il vient de lui remettre son rapport annuel, nettement plus affiné que
celui des années précédentes. Très bien, mais que
disent les premiers chiffres ? Que le coût total du vieillissement s'élèvera
en 2030 à 27,3 % du Produit Intérieur Brut (PIB). Ce qui est
beaucoup, même s’il s’agit de la dernière année
difficile – après, les effets du baby-boom retomberont. Seul problème
: si l’on ne tient compte que des évaluations précédentes,
c’est 3,6 % de plus.
Mais oublions un instant la guerre des chiffres pour ne retenir que la conclusion
du Premier ministre : le vieillissement est lié à la capacité de
notre économie à croître. Autrement dit : aucun problème
si l’économie poursuit sa croissance. Avec, à la clé,
des carrières plus longues. En 2010, 40.000 femmes supplémentaires, âgées
de 60 à 64 ans, seront actives sur le marché du travail. Le taux
d'emploi chez les femmes augmenterait ainsi de 3,7%.
Un optimisme de rigueur, mais que les chiffres de ces six derniers mois et
la tendance générale à l’essoufflement de l’économie
ne viennent pas forcément corroborés…
Plus près de nous, si nous prenons 2000 comme année de référence,
les estimations du coût du vieillissement depuis 2002 n'ont cessé de
croître: de 3,1 pc en 2002 à 5,6 pc du PIB aujourd'hui. Une première
estimation avait situé le point culminant du vieillissement en 2012,
il est à présent question de l'année 2014.
Tout cela vous paraît nébuleux ? Voici deux textes pour vous permettre
de sortir du brouillard : l’interview de Johan Vande Lanotte et le résumé de
sa note sur le vieillissement sortie en février 2005, laquelle, du propre
aveu du ministre du Budget, ne doit pas être revue en fonction des chiffres
qui viennent d’être révélés par le Comité d’Etude.