Si le permis de conduire belge est d’une durée
illimitée, il n’en est pas de même dans
les autres pays européens : les Finlandais perdent
le droit de conduire, sauf avis médical contraire,
à 70 ans.
Au Danemark, en Irlande, en Norvège ou en Suisse, les
contrôles médicaux sont obligatoires, parfois
complétés de stages de recyclage. Aux Pays-Bas,
le contrôle médical assorti de cours de mise
à niveau sont proposés facultativement dès
50 ans, tandis que les Britanniques doivent, à partir
de 70 ans, renouveler leurs permis tous les 3 ans, moyennant
avis médical.
En Allemagne, pas de contrôle médical obligatoire,
mais des cours de recyclage sont proposés gratuitement
aux seniors, tandis que les aînés autrichiens
bénéficient de telles formations à demi-tarif.
En France, dès 1994, une proposition de loi a suggéré
une visite médicale obligatoire dès 70 ans :
elle n’a jamais été adoptée depuis
lors. Les contrôles médicaux systématiques
des conducteurs âgés ne constitueraient pas une
solution miracle. Un récent comparatif entre la Finlande,
où des contrôles stricts sont prévus,
et la Suède, à la législation très
libérale en la matière, démontre que
le nombre d’accidents impliquant des seniors est malgré
tout semblable dans ces deux pays.
La solution passe d’évidence par une bonne prévention,
plutôt que par des dispositions légales coercitives
et une propension à exclure sur les seuls critères
de l’âge et d’a priori statistiques défavorables
aux bénéfices des assureurs : les seniors doivent
certes connaître les effets du vieillissement sur leur
capacité à prendre le volant et savoir comment
adapter leur conduite à cette évolution physique
et psychique d’eux-mêmes.
Ils doivent assimiler les dernières innovations du
code routier et mieux appréhender les technologies
nouvelles embarquées dans leurs voitures et susceptibles,
dans certaines limites, de les aider. Aux pouvoirs publics
de favoriser cette prise de conscience par les campagnes d’information
ad hoc et la subsidiation systématique des stages de
recyclage à destination des aînés.
Evidemment, l’absence en Belgique d’une législation
contraignante et/ou d’incitants financiers à
se recycler (subsides de l’Etat mais aussi bonification
par les assureurs des efforts consentis) ne doit pas dispenser
le conducteur de 60 ans et plus de se remettre lui-même
en question et d’assurer dès à présent
sa formation continuée : diverses écoles de
conduite proposent des formations orientées vers les
conducteurs les plus âgés. S’offrir un
stage tel que celui proposé par la Gentleman Driver
School, de Louvain-la-Neuve (cfr. Le publi-reportage que nous
consacrons par ailleurs à ce centre de conduite automobile),
n’est pas un luxe, seulement une sage précaution
pour s’assurer de conduire encore très longtemps,
dans les meilleures conditions de sécurité pour
soi et ses passagers.