Avec l’âge, certaines facultés, indissociables
d’une conduite automobile optimale, s’altèrent
immanquablement chez tout un chacun.
Acuité visuelle
95 % des informations nécessaires à
la conduite d’un véhicule transitent par la vue.
Or, dès 45 ans, la presbytie concerne chacun d’entre
nous, complétée ultérieurement par une
dégradation et une réduction du champ de vision
: initialement de 180°, il se rétrécit à
partir de 50 ans et n’est plus que de 120° à
70 ans, de 100° dans les années qui suivent…
Sachez aussi que notre capacité de résistance
à l’éblouissement diminue de moitié
tous les douze ans et qu’un individu de 60 ans a besoin
de quatre fois plus de lumière qu’un jeune de 20
ans pour voir correctement. Concrètement, une personne
âgée pourra déchiffrer un panneau routier
à une distance de 65-70 mètres, là où
un jeune aura pu le faire à 100 mètres. Selon
certaines études, un dixième des automobilistes
de 60 ans et plus aurait une vision inférieure à
la norme requise pour la conduite ! Bref, l’acuité
visuelle d’une personne de 70 ans est en moyenne de 7/10e
et chute à 5/10e vers 85 ans.
Acuité auditive
Parallèlement à notre vision, notre
acuité auditive s’altère également
: près de 30 % des personnes de 65 ans souffrent de troubles
de l’ouie, mais toutes n’acceptent pourtant pas
de recourir à un appareil auditif. Or, au volant, la
perception auditive d’un danger intervient souvent avant
qu’on ne visualise celui-ci : sirènes des véhicules
d’urgence, coups de klaxon, bruits de freinage brusque,
bruit sourd du moteur d’un bolide dépassant à
vive allure, etc. Ajoutons à cela les éventuelles
défaillances de l’oreille interne, dont les dysfonctionnements
rendent la conduite délicate : trajectoire difficile
à apprécier, dépassements périlleux
et mauvaise appréciation des courbes ou encore sentiment,
quand on est à l’arrêt, que le véhicule
avance malgré tout… Face à semblables symptômes,
il convient de consulter un ORL, dont les tests établiront
la gravité ou non du phénomène et qui pourra
prescrire médicaments contre les vertiges et rééducation
spécifique.
Raideurs musculaires et baisse de la qualité
des réflexes
La rigidité cervicale, l’arthrose et
autres rhumatismes réduisent la mobilité articulaire,
tandis que la capacité à assimiler des informations
et à y réagir nécessite des temps plus
longs. Les délais nécessaires au freinage ou à
une prise de décision en carrefours, notamment pour tourner
à gauche, sont donc plus longs et peuvent engendrer des
collisions avec d’autres véhicules.
Défaillance intellectuelle
une étude française réalisée
sur un échantillon d’un millier de conducteurs
a établi que 20% des personnes considérées
comme démentes continuaient de conduire. Une tendance
vérifiée dans d’autres pays européens
! Lors d’un syndrome démentiel modéré,
le conducteur âgé peut éprouver des difficultés
de reconnaissance des lieux et itinéraires peu familiers
et rencontrer des difficultés d’adaptation aux
situations imprévues. Ses automatismes de conduite masquent
toutefois longtemps ces phénomènes et le diagnostic
médical peu aisé.
Effets secondaires des médicaments
Enfin, certains médicaments sont contre-indiqués
ou peuvent avoir, pour le moins, des effets secondaires sensibles,
notamment un risque accru de somnolence, des troubles visuels
ou des étourdissements. Tranquillisants, somnifères
et antidépresseurs, médicaments pour le cœur,
mais aussi pour la toux, les rhumes ou les rhumatismes, …
peuvent altérer les capacités de conduite. La
prise simultanée de deux ou plusieurs de ces médicaments
a des effets multipliés, que l’alcool renforcera
le cas échéant. Ces médicaments sont identifiables
- hélas, sans nuance - grâce à un logo spécifique
: une voiture dans un triangle rouge. Il est donc utile de consulter
son médecin à ce propos. De plus, lorsque commence
un nouveau traitement pouvant diminuer la vigilance au volant,
il est conseillé de s’abstenir de conduire pendant
les premiers jours.