Le vieillissement transforme un adulte
en bonne santé en
un individu plus fragile, plus vulnérable à de
nombreuses maladies, et dont le pouvoir de concentration et
les réserves d’énergie diminuent.
Comment fonctionne le processus du vieillissement ?
Pour simplifier,
on peut dire que les cellules du corps se renouvellent sans
cesse. Or les nouvelles cellules, qui ne sont que des copies
des cellules originelles, sont à chaque fois « moins » bonnes,
ce qui engendre une dégradation cellulaire générale.
Celle-ci est programmée génétiquement,
mais elle est aussi influencée par notre mode de vie.
De nombreux facteurs entrent en compte : la pratique du sport,
l’alimentation, le niveau social, la profession, la réaction
face aux émotions et au stress.
Il y a plusieurs âges
: il y a l’âge chronologique,
inventé par l’homme, qui n’est qu’un
repère dans le temps, l’âge biologique (notons
que ce concept n’est pas encore bien défini),
qui indique le degré « d’usure du corps »,
et l’âge subjectif, qui correspond à l’âge
que l’on pense avoir.
En ne s’intéressant qu’à la sénescence
(le vieillissement biologique), on fait l’impasse sur
d’autres aspects importants du vieillissement : ses aspects
psychologiques et sociaux. Des travaux du psychologue Carl
Jung (A Life of Jung, Ronald Hayman, 1999) nous expliquent
que dans la première partie de sa vie, l’homme
s’efforce de créer une image de soi témoignant
de son importance sociale et de son accomplissement dans la
société. Le milieu de la vie d’un individu
est un tournant crucial, où il peut enrichir sa personnalité.
Moins préoccupé par sa place dans le monde extérieur,
il peut faire émerger son « soi » profond
par le processus « d’individualisation ».
L’issue est essentiellement de trouver en soi les forces
pour accomplir son propre développement (source : Jean-Claude
Henrard, directeur du Réseau fédération
de recherche ; RFR, Santé Société et Solidarité ;
Credes).
Malheureusement, il est difficile de respecter ces cycles de
vie dans une société « utilitariste » comme
la nôtre. Le refus du vieillissement conduit à conserver
le plus longtemps possible des attitudes et des activités
dites « jeunes ». Pour remédier à ce
décalage, certains se « fabriquent » un
masque pour se protéger du monde extérieur. C’est
le cas d’une grande majorité des baby-boomers,
ce qui explique en partie le nombre d’études concluant
que les membres de cette génération sont « comme
les jeunes », ce qui est fondamentalement faux.
La dimension sociale du vieillissement est aussi essentielle
pour comprendre les Seniors. Vieillir a une signification différente
selon les groupes sociaux, mais également selon les
sexes. Dans nos sociétés, le statut traditionnel
de l’âge dépend de l’emploi productif
chez l’homme et des événements du cycle
de reproduction chez la femme. L’avancée en âge
des femmes et le début de la ménopause entraînent
souvent une diminution de l’estime de soi. Cependant,
la génération du baby-boom tend à réduire
ces différences entre les hommes et les femmes.
Par Frédéric Serrière
Président de Senior Strategic