Sans
être une classification stricte, une distinction existe
dans les termes, entre :
- les personnes âgées : de 60 à 74 ans,
- les vieillards : plus de 75 ans,
- et le grand âge : plus de 90 ans.
Il faut distinguer l’âge légal (qui dépend
de la date de naissance) de l’âge biologique (qui
dépend de l’état physiologique). Ceux-ci
ne concordent pas toujours et leur comparaison peut donner
une idée de la santé du patient…
Théories du vieillisement
On peut diviser les théories de vieillissement en deux
grands groupes :
Celles qui se basent sur l’hypothèse que
le vieillissement est programmé génétiquement
et relève de modifications progressives, quantitatives
et qualitatives, au sein de l’appareil génétique.
Celles qui pensent que le vieillissement résulte
de la désorganisation de l’appareil génétique
à la suite de dommages subis au cours de la vie.
En fait, les deux mécanismes interviennent probablement
et, à cela s’ajoutent encore d’autres phénomènes
Vieillissement cellulaire
Les cellules ne peuvent se reproduire indéfiniment.
Selon le type cellulaire, un certain nombre de divisions
serait possible. Après épuisement de ce capital,
il n’y aurait plus renouvellement des cellules.
Certains déchets du métabolisme s’accumulent
dans les cellules et ne sont pas éliminés.
La charge cellulaire en ces déchets s’accroît
avec l’âge (exemple des lipofuchsines).
Des altérations succcessives, spontanées
ou provoquées par un agent extérieur, peuvent
aboutir à la non-vabilité cellulaire.
Il semble que chaque type cellulaire ait une durée
de vie bien déterminée.
Vieillissement des organes
Certains organes ne voient pas leurs cellules se renouveler.
C’est le cas du cerveau, par exemple. Le vieillissement
de ces organes est donc en partie dû à une
diminution du nombre de ses cellules.
Le vieillissement des cellules d’un organe engendre
le vieillissement de celui-ci.
Les organes voient leur tissu fonctionnel progressivement
remplacé par du tissu fibreux ou du tissu adipeux,
non fonctionnels.
Les lésions et maladies intercurrentes laissent
des séquelles qui participent au vieillissement des
organes.
Vieillissement des systèmes
A. Système nerveux central
perte du nombre de neurones;
diminution de l’efficacit fonctionnelle de la circulation
cérébrale
diminution des capacités de synthèse de certains
neuro- transmetteurs.
B. Système endocrinien
L’activité fonctionnelle de la thyroïde
diminue avec l’âge, mais par mécanisme
de compensation, les tissus deviennent plus sensibles. Toutefois,
leur capacité de réaction diminue.
Des altérations de la fonction du pancréas
créent progressivement un climat favorable au développement
du diabète.
L’activité des gonades se modifie de manière
importante chez la femme pendant le climatère; chez
les sujets des deux sexes, le rapport des sécrétions
oestrogènes/androgènes diminue.
En fait, la plupart des glandes endocrines voient leurs
sécrétions se modifier, mais l’augmentation
de sensibilité des tissus cibles, avec diminution
simultanée de la capacité de réagir,
diminue les possibilités de régulation hormonale.
C. Système cardio-vasculaire
La tension artérielle augmente avec l’âge
jusqu’à 8O ans environ. Puis, elle se stabilise
et même diminue. Après 60 ans, le débit
et la fréquence cardiaque diminuent. La perméabilité
capillaire diminue avec l’âge, ce qui entraîne
une diminution des échanges nutritifsentre les tissus
et le milieu intérieur.
D. Système respiratoire
La capacité pulmonaire totale diminue avec l’âge,
ainsi que la capacité vitale. La perméabilité
de la membrane alvéolo-capillaire baisse et donc
la teneur en oxygène du sang artériel.
Le centre respiratoire devient plus sensible à l’hypoxie
mais les réflexes à point de départ
mécanique s’affaiblissent.
E. Appareil locomoteur
L’ostéoporose (raréfaction du tissu
osseux avec fragilisation des os) se développe. Des
calcifications tendineuses et l’aplatissement des
disques intervertébraux surviennent.
La force musculaire décroît (dès 30
ans), ainsi que la capacité de travail musculaire.
Les personnes âgées doivent attendre plus longtemps
l’échauffement de leurs muscles au début
de la mobilisation. La vitesse de conduction nerveuse diminue,
donc les réflexes sont plus lents.
F. Système digestif
La diminution de l’activité secrétoire
du système gastro-intestinal entraîne une hypochlorhydrie
ou même une achlorhydrie. A cela s’ajoute une
baisse de la capacité de décomposition des
aliments dans la lumière intestinale. Cela favorise
les modifications de la flore intestinale, avec apparition
d’espèces pyogènes et putréfiantes.
D’importantes modifications se produisent dans la
mobilité gastro-intestinale, entraînant un
ralentissement global du transit. C’est ce qui explique
la constipation fréquente du vieillard.
G. Système urinaire
Le nombre de néphrons actifs est abaissé et
le flux sanguin rénal diminué. Le clearance
de l’urée décroît mais la quantité
d’eau réabsorbée est pratiquement constante.
L’excrétion des électrolytes diminue
progressivement.
Le vieillisement de l'individu
A. Généralités
Il se caractérise par une baisse progressive de ses
capacités d’adaptation et une diminution de
l’efficacité de ses mécanismes de régulation.
Tout cela entraîne une plus grande sensibilité
à la maladie et une probabilité de mort plus
élevée.
B. Facultés intellectuelles
Le vieillissement n’entraîne pas, en soi, une
baisse de toutes les facultés intellectuelles. Certaines
d’entre elles peuvent même se développer.
Il s’agit, par exemple, de l’étendue
des connaissances, du jugement, de l’aptitude à
surmonter des situations critiques.
Par contre, d’autres facultés déclinent
avec l’âge : faculte d’observation, mémoire,
capacité de concentration, faculté d’association.
Ainsi, on note surtout une baisse des performances qui nécessitent
une adaptation mais une augmentation de celles qui se basent
sur l’expérience.
En plus, la détérioration est plus marquée
pour ceux qui n’avaient que peu d’activités
intellectuelles dans leur vie professionnelle.
La présence d’un environnement actif et stimulant
facilite le maintien du niveau des facultés intellectuelles.
Créer une motivation à l’activité
intellectuelle (et physique) chez le vieillard est très
important.
C. Vieillissement et personnalité
On est, à chaque instant, le produit de son passé.
La personnalité du vieillard dépend donc d’abord
de facteurs qui sont antérieurs à la vieillesse
et ne sont que modulés par celle-ci.
L’éducation reçue, le niveau de culture,
le mode de vie ont façonné pendant très
longtemps la personnalité de l’individu qui
deviendra vieux. Plus les antécédents dans
ces domaines ont contribué à élargir
les horizons, plus les préoccupations du vieilliard
sont larges et plus sa vie sociale sera ouverte.
D. Influence du milieu
Corps
L’usure des organes et le vieillissement du corps
pousse le sujet âgé à adopter une attitude
face à la vieillesse et par là, face à
la vie et à la mort. Les positions varient de l’acceptation
sereine au refus, en passant par la résignation.
Le comportement quotidien sera influencé par cette
attitude générale.
L’état de santé, la présence
de pathologies éventuellement superposées
au vieillissement modulent encore ce comportement. Il est
difficile de rester serein lorsqu’on est immobilisé
ou victime de souffrances chroniques.
Autres hommes
Le comportement de l’entourage peut également
influencer la psychologie du vieillard. On a parlé
de l’effet bénéfique d’un environnement
stimulant. L’isolement relationnel est cruellement
ressentipar la personne âgée. Il peut aboutir
à différents comportements qui vont du repli
sur soi à l’attitude possessive vis-à-vis
des personnes qui la fréquentent encore. Ne plus
être dans la vie professionnelle est également
pénible à beaucoup. Il suffit de se souvenir
du drame que peut représenter pour certains la mise
à la retraite.
Conditions matérielles
La faible mobilité et le peu de ressources financières,
le confortplus ou moins précaire sont également
des facteurs qui conditionnent le comportement de la personne
âgée.
Tendances propres à la vieillesse
La diminution de l’adaptabilité engendre un
grand attachement aux habitudes. Tout changement dans l’environnement
peut dépayser complètement la personne âgée
(problèmes lors de l’hospitalisation). Indépendamment
de la densité de leurs relations sociales, beaucoup
de personnes âgées se sentent seules. Ce sentiment
de solitude naît de l’ennui. Celui-ci naît
lui-même de la limitation des centres d’intérêt
et parfois aussi du manque de repères dans le déroulement
de la vie quotidienne. Plus aucune activité obligatoire
ne vient rythmer celle-ci.