Réunis
à Namur le 25 février 2002, les Gouvernements
de la Région wallonne, de la Commission communautaire
française, de la Communauté française et
de la Communauté germanophone ont procédé
à un état des lieux des différents mécanismes
d’aide et d’accompagnement existants sur leurs territoires
et ressorts respectifs en faveur des personnes en perte d’autonomie.
Le Président wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe, a
présenté les résultats de l’étude
sur la perte d’autonomie ce jeudi 10 avril 2003 au Conseil
des ministresI
ls se sont engagés, chacun en fonction
de leurs compétences et de leurs spécificités, à mieux
coordonner l’offre en la matière et à améliorer
la qualité des différents services d’aide
et d’accompagnement à domicile déjà proposés.
La volonté communément affichée par
ces entités fédérées est, dans
un premier temps, d’améliorer la qualité de
l’accompagnement des bénéficiaires et
de diminuer le coût de l’intervention du demandeur
pour les services sociaux, non médicaux, aux personnes âgées
dépendantes à domicile.
Dans un second temps, elles ont prévu d’envisager
les différentes solutions relatives à la problématique
de la perte d’autonomie en général, en
ce compris la recherche d’une couverture solidaire
des coûts par la mise sur pied d’un système
d’assurance dépendance.
A cet effet, les Gouvernements cités ont pris la
décision de principe, le 25 février 2002, de
confier à un consortium universitaire (ULB, UCL et
Ulg) et aux membres francophones du Collège inter-mutuelliste
la r éalisation d’une étude sur la problématique
de la perte d’autonomie.
Les commanditaires ayant pris la décision
d’apporter une réponse coordonnée
à la problématique, les prestataires
ont été chargés de réaliser
une étude dont les objectifs généraux
sont :
d’évaluer les bénéficiaires
potentiels en fonction de leurs besoins, en ce
compris l’étude des instruments de
mesure (échelles) devant être utilisés
pour évaluer les répercussions de
la perte d’autonomie sur le fonctionnement
de la personne dans son environnement social ;
de définir les types d’interventions
et de prestations à indemniser ainsi que
les opérateurs de services ;
de déterminer les catégories
d’âge bénéficiaires,
ainsi que les modalités de leur prise en
charge, et de quantifier les coûts des modes
d’intervention ainsi proposés ;
de définir les modes de financement
;
et, pour les trois derniers objectifs cités,
d’étudier les solutions proposées
dans différents pays européens où
un système spécifique a été
mis en place.
En termes de méthodologie et de structure de l’analyse, l’étude
s’est fondée sur six objectifs opérationnels
que se sont partagés les divers prestataires
selon un calendrier précis :
Définition de la notion de dépendance
et analyse critique des échelles d’évaluation
;
Définition des aides et services non
médicaux requis pour répondre à
la perte d’autonomie et évaluation
des systèmes existants ;
Quantification et typologie des personnes en
pertes d’autonomie ;
Estimations des coûts moyens de la prise
en charge de la perte d’autonomie ;
Détermination des modalités de
prise en charge des coûts liés à
la perte d’autonomie ;
Dispositions légales – modalités
d’intervention des communautés et
régions et compatibilité du système
d’assurance autonomie avec les règles
de droit européen.
Le Ministre-Président
Jean-Claude VAN CAUWENBERGHE a fait part au Gouvernement
wallon du fait que, des recommandations de l’étude,
il apparaît trois conséquences :
Les Gouvernements commanditaires
de l’étude devraient s’entendre
sur une initiative commune à l’endroit
du prochain Gouvernement fédéral
en faveur d’une approche globale, à
son niveau, du financement d’un éventuel
système d’assurance dépendance
au profit de l’ensemble de la population
concernée du pays ;
Les entités fédérées
qui, dans l’entre-temps, ont déjà
convenu de concentrer leurs efforts, dans les
limites de leurs compétences respectives,
sur le renforcement de l’offre d’accompagnement,
peuvent désormais, pour mieux apprécier
les éventuelles mesures à promouvoir,
tenir compte des indications nouvelles de l’étude,
qui, non seulement, permettent d’approcher
une évaluation plus précise de l’impact
financier et de l’incidence en terme d’emploi
des mécanismes existants, mais également
apportent des informations indispensables pour
apprécier ce qu’il y aurait lieu
d’améliorer, entre autres, en matière
:
de
catégorisation des bénéficiaires
en fonction de la nature et du niveau de leur
dépendance ; d’indication
des métiers à particulièrement
développer pour améliorer le continuum
des services d’aide ; d’accessibilité
des bénéficiaires aux services,
soins et informations disponibles ;
Le développement de l’offre
ne doit pas seulement avoir pour cible le soutien
direct au bénéficiaire lui-même,
mais aussi inclure l’aide à apporter
à l’aidant proche et promouvoir une
meilleure gestion des services offerts par les
aidants professionnels, en ce compris la coordination
de ceux-ci.
Le Gouvernement marque son accord sur ces trois
points et charge le Ministre-Président
d’entamer une concertation avec la COCOF,
la Communauté française et la Communauté
germanophone sur la problématique de la
perte d’autonomie, afin d’assurer
les suites de la décision commune du 25
février 2002 et de déterminer une
position commune à défendre à
l’endroit de l’autorité fédérale.
Il charge, par ailleurs, le groupe de travail
actuellement occupé par l’examen
du projet de décret relatif à l’accompagnement
et à la coordination des soins et services
à domicile d’intégrer à
ses réflexions les implications des résultats,
conclusions et recommandations de l’étude.