Dieu sait si les grands-mères
sont importantes dans les familles d’aujourd’hui.
Plus actives hors famille que par le passé,
elles ne peuvent pour diverses raisons
se cantonner dans un rôle de garde
d’enfants. De plus, elles ne sont
pas inépuisables. Notre conseillère
conjugale Vinciane Denys fait le point
sur le rôle parfois délicat
qu’elles doivent assumer.
Votre question
: Je suis débordée
par mon rôle de grand-mère,
même si j'ai été ravie
quand je suis devenue mamie pour
la première fois. Je ne travaillais
pas et donc il est apparu normal à toute
la famille que je garde le premier
petit-fils plutôt que de le
laisser mettre à la crèche,
ce que moi-même je ne voulais
pas. Cependant, quand une petite
sœur est née, il allait
apparemment de soi que je la garderais
en même temps que son frère
alors que moi j'avais un peu oublié combien
un petit enfant est fatigant. Tant
qu'il est dans son berceau, c'est
encore possible, mais quand il commence à bouger
et à marcher, c'est une attention
de tous les instants qui est nécessaire.
Ce qui est lourd. Voilà qu'un
bébé s'annonce chez
l'autre couple qui évidemment
compte aussi sur moi pour m'en occuper
pendant que la maman travaille. C'est
au-dessus de mes forces mais comment
refuser dans ce cas-ci ce que j'ai
accepté dans l'autre ? Amélie
La
réponse de Vinciane
: Vous n'avez pas
le choix. Il vous faudra expliquer
aux futurs parents que vous n'êtes
pas inépuisable et que vous
ne pourrez pas accepter une garde
supplémentaire.
Votre situation
est on ne peut plus classique.
J'ai essayé dans de nombreux
articles d'avertir les futures
grands-mères des situations
impossibles dont elles seraient
prisonnières si elles n'y
réfléchissaient pas.
Quand j'ai lu "Le printemps
des grands-parents" de Ségolène
Royal (1987), j'ai eu les plus
grandes réticences en découvrant
sa manière de magnifier
leur rôle, surtout celui
des grands-mères d'ailleurs,
parce que ce sont elles qui l'assurent
le plus. Je l'ai d'ailleurs soupçonnée,
peut-être à tort,
de prêcher quelque peu pour
sa chapelle. Est-ce que les grands-mères
en particulier sont condamnées à "rempiler" dans
la garde des jeunes enfants sous
prétexte que les parents
travaillent tous les deux ?
Et
d'ailleurs n'ont-elles pas aussi
le droit de se livrer à d'autres
activités auxquelles elles
ont dû renoncer pour élever
leurs propres enfants ?
Dans votre cas, je ne vois qu'un
dialogue franc et ouvert avec les
deux jeunes couples pour trouver
une solution équitable.
Si vous vous entendez bien avec
eux, ils devraient comprendre que
vous avez des limites, et aussi
que vous avancez en âge.
Il y a tout de même d'autres
possibilités de garde que
les grands-mères. Il y a
des crèches et des gardiennes
professionnelles.
Vous pourriez,
par exemple, proposer aux futurs
parents, d'intervenir dans les
frais de garde, en compensation
de votre implication avec les premiers.
Etes-vous sûre que vos enfants
ne vous ont pas confié les
leurs parce qu'ils ont cru que
c'était votre plus cher
souhait ?
Et êtes-vous la
seule grand-mère ? Seul
un échange en vérité vous
permettra de trouver la solution
qui conviendra le mieux à tous.