Notre conseillère conjugale
Vinciane Denys fait le point sur un thème qui tourmente
nombre de baby-boomers : les sacro-saintes fêtes
de familles, que ce soit celles que nous venons de vivre à la
Noël ou celles qui se préparent en vue de Pâques
ou du printemps.
Votre question : Quand je
me suis mariée, il y a déjà un bon bout
de temps, j'ai été très touchée
d'être si bien accueillie dans ma belle-famille qui
est très chaleureuse. Il y a cependant une composante
qui me dérange quelque peu : le respect des traditions,
tellement important qu'il n'est pas possible d'y échapper.
Par exemple, au cours d'une année, il y a un certain
nombre de fêtes auxquelles toute la famille est censée
participer, bien entendu Noël et Nouvel An, et encore
Pâques, mais en plus l'un ou l'autre anniversaire,
des parents et grands-parents notamment. Mon mari ne voit
que le côté convivial de ces obligations mais
moi, qui ne suis pas comme lui d'une culture de la campagne,
je n'aime pas être mobilisée plusieurs fois
par an, sans aucune possibilité d'un autre choix.
Qu'est-ce que je pourrais changer sans blesser personne ? Gisèle
La réponse de Vinciane :
Il n'y a pas d'autre solution pour obtenir un peu plus de
liberté que de dire quel est votre souhait. Et d'abord à votre
mari, avec suffisamment de fermeté pour être
entendue, ce qui n'est pas synonyme d'agressivité.
Vous ne parlez pas de votre famille d'origine. Est-ce qu'elle
n'existe plus ou est-ce qu'elle accepte sans protester que
vous soyez toujours absente les jours de fête ?
Ces
traditions qui deviennent pesantes ou dérangeantes
découlent toujours d’un manque d'attention." Les
habitudes prises ne peuvent manquer de devenir des règles
! " Voilà qui est un peu facile. Chaque fois
que des règles ont été clairement établies,
ma conviction est qu'il faut toujours en ajouter une : "Ces
règles peuvent être changées !",
en précisant à quelles conditions elles peuvent
l'être.
Evidemment, il est rare que des règles
très explicites soient établies d'avance dans
des relations conjugales ou familiales. Alors quand les habitudes
prises en tiennent lieu, il faut bien prendre le risque de
les remettre en question au lieu de rester avec son insatisfaction
qui ne peut manquer à la longue de perturber les relations.
Vous
dites que votre belle-famille est très chaleureuse,
alors elle doit pouvoir comprendre que vous pouvez avoir
d'autres obligations ou d'autres souhaits
que les traditionnelles rencontres. Mais si vous n'avez jamais rien dit, comment
ses membres pourraient-ils s'imaginer ce que vous ressentez ? Il aurait mieux
valu vous situer autrement au début de vos rencontres, mais il n'est pas
trop tard de le faire maintenant. J'ai connu un couple dont le mari est décédé dans
la cinquantaine. Sa veuve a dit à ses 5 enfants, encore tous au foyer
parental : "Je veux que vous me promettiez d'être toujours présents
ici le jour de Noël", ce qu'ils ont fait sous le coup de l'émotion.
Par la suite cette promesse a causé beaucoup de tensions chez les couples
qui se sont formés et dont les conjoints "rapportés" avaient
aussi envie de fêter Noël dans leur propre famille. A méditer
!