Les 'Tanguy' : un syndrome bien dans l’air du temps
:
Vinciane Denys vous
répond
Notre
conseillère conjugale Vinciane
Denys aborde cette semaine les
Tanguy – du nom du film du
même nom contant l’histoire
d’un grand garçon
de vingt-huit ans qui n’arrive
pas à quitter le nid familial.
Un syndrome bien dans l’air
du temps….
Votre question
: Ma femme et
moi ne sommes pas d'accord sur le
comportement de notre second fils.
Il a 32 ans, il gagne bien sa vie,
il a déjà entretenu
plusieurs fois des relations amoureuses,
mais il continue à vivre chez
nous. Moi je trouve que ce n'est
pas normal qu'il reste à son âge
chez papa-maman, dans notre foyer
qui offre tout le confort et les
services d'un "hôtel 4 étoiles",
gratuit par-dessus le marché !
Si ma femme n'était pas si
attachée à son rôle
de mère et à son plaisir
d'avoir encore un enfant à gâter,
j'aurais déjà signifié à notre
fils qu'il devrait s'installer dans
un logis à lui. Est-ce que
vous trouvez que l'attitude de notre
fils est normale ? René V.
La
réponse de Vinciane
: Si le comportement
normal est celui du plus grand
nombre, je dirais que votre fils
s'approche de la norme en restant
si longtemps chez vous. C'est une
manière d'agir des jeunes
adultes qui est de plus en plus
fréquente et sur laquelle
les sociologues s'interrogent.
Cependant en aucun cas ce qui tend à devenir
la norme n'est pour autant une évolution
des mœurs favorable.
Selon moi, le rôle des parents
est de conduire leur progéniture à l'âge
adulte et à l'autonomie,
ce qui n'empêche pas qu'ils "jouissent" profondément
de la période où leurs
enfants sont dépendants
d'eux, dans leur foyer. Mon avis
est que les parents d'aujourd'hui
feraient bien de se comporter comme
une bonne chatte qui donne des
coups de pattes à ses jeunes
quand elle estime qu'ils ont assez
tété.
Ce n'est là que
mon opinion parmi beaucoup d'autres
possibles, et surtout dans le contexte
de notre société,
alors que dans d'autres cultures,
la règle est la cohabitation
de tous les âges. Je ne sais
trop ce que vont devenir ces jeunes
adultes trop gâtés,
déchargés de toute
responsabilité.
En tout
cas, il y a un point sur lequel
je suis formelle : le séjour
chez ses parents d'un enfant qui
gagne sa vie, ne devrait pas être
gratuit. J'estime qu'il n'y a aucune
raison pour qu'un garçon – ou
une fille d'ailleurs – qui
en a les moyens, ne paie pas sa
part des charges financières
de son entretien. Le montant est à en
discuter, mais j'en fais une question
de principe. Vous pourriez aussi
demander à votre femme si
elle voit dans son grand fils un
petit gamin incapable de gérer
sa vie.
La mise au clair de la
situation ne signifie absolument
pas une limitation de l'affection – que
j'espère réciproque – entre
votre fils et vous ses parents.
C'est plutôt une question
de considération mutuelle
mais aussi de l'avenir de votre
fils. Est-ce qu'il sera préparé à bien
construire sa propre famille, s'il
s'y décide un jour ?