L’Europe est la
principale destination mondiale
des produits issus du commerce équitable.
Entre 75% et 80% de la production
de café, par exemple, est
certifiée équitable.
Elle est distribuée dans
les épiceries, bureaux et
restaurants. En conséquence,
beaucoup de produits portent le
logo de garantie.
Le commerce équitable est
un mouvement relativement jeune :
il est né au début
des années 1960. On parla
d’abord de commerce alternatif,
le but étant alors de créer
un système de commercialisation
parallèle fondé sur
l’équité. Les
premiers projets ont été initiés
par des organismes internationaux
: SOS, aux Pays-Bas, ou OXFAM en
Grande-Bretagne.
L’objectif premier de ces organismes
consistait à ouvrir les marchés
pour les producteurs désavantagés
du Sud. Les produits étaient
distribués par le biais de
réseaux informels, tels des
expositions artisanales, des bazars
d’églises et des marchés.
Quant aux acheteurs, la plupart étaient
des gens déjà sensibilisés
aux enjeux liés aux inégalités
Nord/Sud et prêts à payer
un peu plus cher pour des produits
soutenant une cause à laquelle
ils croyaient. Ainsi naissaient les
premiers "Magasins du Monde" à la
fin des années 1960.
Il faudra presque une décennie
pour que le commerce équitable
prenne de l’ampleur et se consolide.
Des organisations de commerce équitable
(OCÉ) spécialisées
dans l’importation émergèrent
dans plusieurs pays.
L’éventail
de produits offerts s’élargit.
Devant la multiplication des boutiques,
les associations nationales ont ressenti
le besoin de coordonner leurs efforts,
tant en ce qui a trait à l’importation
qu’en ce qui concerne les campagnes
d’éducation et d’action
politique touchant les questions économiques
globales. Sur le plan pratique, les
différents Magasins du Monde
s’organisèrent en fédérations
ou en réseaux nationaux, établirent
des secrétariats administratifs,
systématisèrent leurs
manières de fonctionner et
rendirent plus professionnelles leurs
activités.
À
la fin des années 1980, le
mouvement du commerce équitable
réunit ses efforts pour offrir
les produits dans les lieux fréquentés
par la majorité de la population.
On chercha à augmenter le
volume des ventes afin de soutenir
un plus grand nombre de producteurs
et de favoriser une agriculture plus écologique.
Cette tendance donna naissance, aux
Pays-Bas, à la première
initiative de certification équitable
baptisée Max Havelaar. Le
café fut le premier produit
certifié équitable à apparaître
dans les grandes épiceries.
La certification, qui a cours encore
aujourd’hui, permit à des
entreprises privées d’offrir
du café équitable au
sein du réseau de distribution
conventionnel tel que celui des épiceries,
des restaurants, etc. Un logo de
certification garantissait aux consommateurs
que l’organisme indépendant
avait vérifié que le
produit répondait aux normes éthiques
et environnementales qu’il
avait établies. La fondation
Max Havelaar inspira la mise en place
d’initiatives similaires au-delà de
ses frontières, comme en Belgique
par exemple. La quantité de
café équitable vendu
en Europe augmenta énormément.
Aujourd'hui, 66% des Belges sont
sensibilisés au commerce équitable,
alors qu’ils n'étaient
que 32% en 2002.
Ce bond en avant dans la prise de
conscience est dû, entre autres, à un
rendez-vous annuel : la Semaine du
commerce équitable. Cet événement
mêle actions citoyennes, information
du grand public et mise en valeur
commerciale de la gamme des produits équitables.
L’objectif est évidemment
que l’on songe au commerce équitable
toute l’année et que
cela devienne un véritable
critère de consommation.