Les bons et les mauvais points de notre
biodiversité
Après
1998 et 2001, voici le troisième
rapport de la Belgique sur l’ensemble
des plantes, animaux et autres organismes,
ainsi que leurs habitats. Le rapport évalue
les démarches de notre pays
pour sa conservation et son utilisation
durable. Certains progrès ont été réalisés
en ce qui concerne la prise de mesures,
mais le processus reste lent et les
mesures insuffisantes. Quelques exemples.
En Belgique, la désignation
d’aires protégées
est en nette progression. Alors que
les réserves naturelles ne
permettaient la protection que de
1,1% de notre territoire, la désignation
de zones pour Natura 2000, un réseau écologique
européen, a permis d’augmenter
ce pourcentage à 13 %. Ce
qui est très positif. La délimitation
de cinq réserves marines constitue également
un grand pas en avant. Mais la Mer
du Nord et la côte continuent à souffrir
de la pression du tourisme, de l’urbanisation
ou de l’installation de nouvelles
espèces exotiques qui supplantent
la biodiversité indigène,.
Grâce aux récents
livres et brochures sur l’état
de la biodiversité belge,
les décideurs et le grand
public prennent conscience du problème.
Mais les actions concrètes
en faveur de la biodiversité sont
trop souvent reportées ou
même abandonnées pour
laisser la place à des mesures économiques
ou sociales, oubliant que l’environnement
est le troisième pilier
du développement durable.
Peut-être que la stratégie
pour la biodiversité, un
document en préparation
et destiné aux décideurs
politiques, servira de catalyseur.
Forte
des ses 55 000 espèces,
la Belgique n’est pas pour
autant un ‘hotspot’ de
biodiversité. Les forêts
tropicales, les récifs coralliens
ou les îles formant l’Indonésie
et les Philippines constituent
de pareils trésors de richesses
biologiques. Il y a quelques années,
la Belgique se mit à héberger
les sites web sur la biodiversité de
pays en voie de développement.
De même, elle joue maintenant
un rôle de pionnier en matière
d’exportation de l’expertise
taxonomique (identification des
plantes et animaux).
Quelques gros
examens de repêchage émergent également à l’intérieur
de nos frontières: la fragmentation
et la détérioration
de la nature, l’apparition
d’espèces exotiques,
la réduction des surfaces
de lande, marais, dunes et autre,
l’effondrement des stocks
de poissons, la pollution et bien
d’autres encore.
Le morcellement
des compétences
dans notre petit pays complique
le processus décisionnel
et la prise de mesures. Ainsi,
le monde politique belge amorce
seulement les démarches
pour atteindre l’Objectif
2010, une initiative dédiée à stopper
la perte de biodiversité pourtant
déjà lancée
en 2002. Le grand public peut par
ailleurs apporter largement sa
pierre à cet édifice.
Heureusement,
la sensibilisation sur la biodiversité se répand,
les régions redoublent d’efforts,
entre autres pour l’Objectif
2010. Le soutien des départements
de l’environnement, de la
coopération au développement
et de la politique scientifique
se fait grandissant au niveau fédéral.
Espérons que cela continuera.