Oui, les octogénaires sont des novateurs
: ils découvrent en l’inventant un nouvel
art de vivre.
Et s’ils ont de l’argent,
ce n’est pas une raison pour leur fourguer tout
et n’importe quoi !
Opladis : Alors
que le gouvernement belge n’a que le mot production à la
bouche, peu de monde semble attentif au potentiel économique
que constituent les seniors…
Juste. Il faudrait d’abord que l’on considère
les seniors autrement que par les chiffres, que l’on
se rende compte qu’il est question de personnes.
Du point de vue économique, je pense que des cabinets-conseils
comme le mien vont bientôt se multiplier, même
si ce métier ne s’improvise pas.
Opladis : Quelle est l’éthique
du milieu ?
Là, il faut faire attention. On ne vend pas tout
et n’importe quoi à des seniors. Il faut une
discussion autour de la table avant de se lancer. Il m’est
arrivé d’avoir en France un contact avec un
lobby médical pour y produire un travail, mais j’ai
refusé.
Opladis : Promouvoir des
kits euthanasie, ce n’est
pas pour vous !
Exactement !
Opladis : Parlons plutôt de l’art de
vivre des aînés !
Les octogénaires font partie d’une génération
de pionniers. Ils sont très novateurs, même
dans les milieux défavorisés. Ils rendent
des services à la société, de manière
simple, en s’entraidant. Oui, ils apportent beaucoup.
Leur nouvel art de vivre, ils sont en train de l’inventer.
Ils aident surtout sur le plan moral, apportent un réel
soutien aux autres. Je le sais, tous ne sont pas en bonne
santé physique, mais enfin ce n’est certainement
pas la majorité. Je sais aussi que les seniors du
Brabant wallon se portent en général mieux
que ceux du Bassin carolorégien à cause d’un
vécu complètement différent.