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Tsunami : L'aide aux victimes



Le tsunami qui a frappé les côtes d'Asie ce 26 décembre laissera des traces dans de nombreuses mémoires. Pour nous parler de la prise en charge psychologique des victimes de catastrophes naturelles, nous avons rencontré le Pr. Vincent Dubois, psychiatre responsable de l'unité de crise et d'urgences psychiatriques des Cliniques universitaires Saint-Luc.

Il n'y a pas que les victimes directes qui ont besoin de soutien psychologique...
A coté des victimes de la catastrophe, il faut aussi assister les familles sans nouvelles de leurs proches et les intervenants et soignants sur place. L'aide psychologique apportée aux victimes est différente en fonction du "public cible".

Comment sont suivis les intervenants ?
Les soignants, intervenants et leurs responsables se réunissent pour reparler de l'événement et faire circuler les émotions: c'est le débriefing. Il prépare aux moments difficiles que les intervenants risquent de rencontrer (remise en cause, crise d'anxiété,...)

Et les victimes proprement dites ?
Dans un premier temps, on réunit les victimes pour un débriefing de groupe. On peut regrouper, par exemple, les touristes d'un même hôtel. Ils sont invités à partager leurs expériences, à raconter ce qu'ils ont fait et ce qu'ils auraient voulu faire.

Les victimes culpabilisent souvent, pensant que si elles avaient agi autrement, elles auraient pu sauver des vies. L'entraide au sein du groupe est importante. Pour déculpabiliser, la parole d'un autre membre aura plus de poids que la parole d'un soignant.

Le débriefing, c'est aussi le moment de repérer les plus fragiles: ce ne sont pas ceux qui s'expriment, crient ou pleurent mais ceux qui se taisent et se replient sur eux-mêmes. Viennent ensuite les contacts individuels. Le soignant proposera un suivi personnel si nécessaire.

Le traumatisme doit être "métabolisé". Certaine de ne pas y échapper, la victime est passée très près de la mort. Après la catastrophe, elle n'est plus comme avant, elle voit la vie différemment et choisit d'autres priorités. L'événement n'est pas traumatisant en soit, c'est surtout la manière dont elle va le vivre et la perception qui compte.

L'aide psychologique doit s'inscrire dans une démarche globale de soutien...
L'aspect psychologique n'est qu'une partie de l'aide à apporter. L'aide psychosociale est tout aussi importante. L'accueil des victimes doit être humain et chaleureux. Elles doivent se sentir écoutées.

L'aide de l'entourage est essentiel. Famille et amis doivent être présent et apporter leur soutien. Les victimes ne doivent pas être écartées de la vie de tous les jours. L'arrêt de travail ne doit pas être trop long et la prescription de médicament doit être réservée aux victimes dont l'état n'évolue pas favorablement.

Il faut aussi fournir de l'aide administrative aux victimes et familles sans nouvelles de leurs proches. Faire son deuil est plus difficile quand le corps n'a pas été retrouvé. Il faut conseiller les familles et les aider à faire face aux aspects inhumains des démarches administratives.

Quelles sont les complications possibles ?

Si le traumatisme n'est pas dépassé, la victime souffrira de PTSD (syndrome post-traumatique). Il peut se manifester plusieurs mois après l'événement traumatisant et se caractérise notamment par des cauchemars et des flash-back. La victime adopte des comportements d'évitement de plus en plus étendus. Elle peut éprouver des difficultés à se lever, à travailler. Elle se sent incomprise. Elle risque aussi d'être confrontée à l'alcoolisme et d'avoir des problèmes de couple.

Le PTSD touche environ 10 % des victimes. Ce sont souvent des personnes qui avaient d'autres difficultés auparavant. La catastrophe joue le rôle de catalyseur.

Le traitement combine psychothérapie et médicaments. La psychothérapie est soit analytique (analyse du monde intérieur, du vécu, de ce que qui bloque leur vie), soit comportementale (désensibilisation aux symptômes).

C'est un traitement long qu'il vaut mieux commencer rapidement après l'apparition du syndrome.

Sources : "La lettre d'information des Cliniques universitaires Saint-Luc"


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