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  A la découverte des Seniors Réformateurs :  

A la découverte des Seniors Réformateurs : une structure interne au MR, que préside Georges Rousseau, un « jeune » senior de 69 ans, que nous avons interviewé pour vous.

Dans notre rubrique « 50+ à l’honneur », nous vous présentons Georges Rousseau, le professeur retraité de l’Athénée de Philippeville, entré en politique à 42 ans, mais qui aujourd’hui, à 69 ans, est toujours conseiller communal, conseiller provincial, Président de l’Intercommunal des Eaux de la Province de Namur et Président national des Seniors Réformateurs. C’est en cette dernière qualité que nous l’avons aussi interviewé lors de notre récente rencontre à Philippeville.

Interview de Georges Rousseau, Président des Seniors réformateurs

Opladis : Monsieur le Président, les Seniors réformateurs, structure créée il y a trois ans au niveau national, ne font-ils pas double emploi avec la Ligue des pensionnés libéraux ?
Pas du tout ! Les Seniors réformateurs n'organisent pas de manifestations, de voyages, de soupers ou de rencontres. Nous sommes simplement un relais vers les responsables politiques, afin d'aider ceux-ci à prendre en considération les préoccupations des seniors de plus de 55 ans, membres du MR. Nous sommes là pour écouter, pour favoriser le tissu associatif qui organisera peut-être des activités dans certaines régions, pour aider, dans la mesure du possible les seniors.

Opladis : Effectivement. J’ai parcouru votre manifeste et je constate que le premier chapitre est intitulé « Garantir la tranquillité d’esprit » et qu’il tourne autour de la problématique de la sécurité et de la propreté de notre environnement.
Pour les seniors, la sécurité est essentielle. Mais il ne faut pas l’appréhender sous un seul angle. Je parle toujours en premier lieu de la sécurité physique. Quand on habite la ville, on se sent souvent en insécurité et ce n’est pas seulement un sentiment. C’est pour ça que nous avons alerté le ministre de l’Intérieur sur les problèmes de sécurisation des aînés, qui se font arracher leur sac, voire tabasser par des gens qui les attendent à l’entrée de leur garage lorsqu’ils rentrent chez eux, le soir. Il y a aussi la sécurité sociale: les seniors veulent conserver la santé et avoir accès à une maison de repos à des conditions abordables. Ils veulent éviter la maltraitance… Nous avons rencontré, dernièrement, la Secrétaire d’ Etat aux familles qui nous a confié que la maltraitance est aussi l’une de ses grandes préoccupations, qu’elle soit physique ou psychologique. D’autant plus qu’on la rencontre souvent au sein même de la famille.

Opladis : Cette notion de maltraitance des personnes âgées a été évoquée, lors des dernières élections, dans l’ensemble des programmes des partis démocratiques. Etes-vous prêts à mettre la pression sur les parlementaires MR pour que des législations soient adoptées rapidement ?
Sans aucun problème. Nous avons des contacts avec des parlementaires extrêmement attentifs à cet aspect des choses. Mais, pour en terminer avec la notion de sécurité, j’aimerais dire un mot sur la sécurité d’existence. Que demande un senior ? D’être en sécurité chez lui, dans la rue. . A côté de ça, il veut aussi profiter de soins de santé appropriés,de conserver sa pension de retraite pendant toute la durée de sa vie,d’avoir le libre choix entre le maintien à domicile et la maison de repos ainsi que le libre choix des dispensateurs de soins. C’est extrêmement important. Quand je vois qu'on n'a pas encore supprimé cette fameuse cotisation de solidarité, je me dis qu’il serait temps qu’on y pense et nous le répétons encore et encore. Seulement, il faut d’abord un accord des partis de la majorité pour obtenir un changement !

Opladis : Mais les partis aux différents échelons du pouvoir semblent, pourtant, tous réclamer l’abolition de cette cotisation. Comment se fait-il que cela ne se fasse pas alors que le président du MR est ministre des Finances ?
C’est en fait le Ministre des Pensions qui est compétent en la matière. Dans son domaine, Didier Reynders a pris diverses mesures visant à réduire la pression fiscale.Ces mesures, à elles seules, permettent un gain de pouvoir d’achat plus important que la suppression la cotisation de solidarité.Quant au Ministre des pensions, il ne semble pas vouloir prendre d’initiative en la matière pour l’instant.

Opladis : Ce que l’électeur ne comprend pas toujours par rapport aux promesses qui ont été faites à la veille des élections !
Et si, dans ce domaine précis, il y en a qui ne comprennent pas, ce sont bien les seniors. Vous savez, nous ne sommes pas toujours d’accord avec la lenteur que l’on met dans certains domaines.

Opladis : Au niveau de la santé, une tendance actuelle est de dire, tous partis confondus : « Retardons au plus tard le recours à la maison de retraite, maintenons les personnes chez elles par des mesures adaptées ». Que soutenez-vous par rapport à vos parlementaires ?
Nous estimons effectivement qu’il est préférable de maintenir les seniors à domicile le plus longtemps possible, en respectant leur propre volonté. Mais il arrive souvent un moment où, pour des questions de santé et de mobilité, il faut envisager l'institution spécialisée. En outre, rester chez soi coûte moins cher que de séjourner en institution. Par conséquent, l'important est de maintenir la personne chez elle tant qu’elle peut s’assumer, au moins partiellement.

Opladis : Dans l'un des chapitres de votre Manifeste, vous revendiquez que l’on garde une place pour les seniors dans la société. Craignez-vous leur marginalisation ?
Non seulement je le crains, mais je crois que, dans certains domaines, elle est effective. Peut-être par la faute du senior lui-même qui a tendance à penser que, à l’âge de la retraite, il a terminé sa vie. En réalité, pour nous, Seniors Réformateurs, il en commence une nouvelle. Et c’est là que nous pouvons les aider. C’est là où ils doivent rester au courant. Voilà pourquoi il faut continuer des formations. Voilà pourquoi, par exemple, l'initiation à l’informatique des personnes âgées est extrêmement importante. Cela leur permet de rester intégrés dans la société, de communiquer, d'apprendre… On a déjà fait des progrès énormes par rapport à nos grands-parents qui aidaient un peu pour les repas, mettaient simplement du bois dans l’âtre et attendaient la mort… Aujourd'hui, les problèmes de l’âge ont explosé. « 3 x 20 », cela ne veut plus rien dire. A 60 ans, on est en pleine forme et le nombre de « 4 x 20 » ne fait qu'augmenter…

Opladis : On est plus jeune plus vieux…
Exactement ! D’ailleurs, notre slogan est « Vivre vieux et vieillir jeunes ». L’âge n’a plus la même signification qu'hier. Il est certain qu’il faudra revoir les problèmes liés à l’âge. L’âge de la retraite, par exemple… A 65 ans, on pourrait encore prétendre à du travail. Certains n’en sont plus capables mais d’autres devraient pouvoir garder une activité…

Opladis : Mais, actuellement, c’est fiscalement très lourd de cumuler une pension et un travail complémentaire. Il y a des aberrations puisque celui qui veut travailler sous le statut d’indépendant complémentaire alors qu’il est déjà retraité, doit obligatoirement cotiser pour une pension qu’il ne touchera pas. Que proposez-vous ?
Que la personne qui a atteint l’âge de la retraite, mais se sent encore capable de délivrer son savoir aux jeunes générations, en ait la possibilité, éventuellement à temps partiel. Il faut reconnaître cette expérience de toute une vie et, si cette expérience est importante, le droit de la partager avec les plus jeunes. Cela nécessiterait des aménagements, mais il faut pousser la réflexion pour le travail après la retraite. C'est évident. Le MR est d’ailleurs favorable à l’augmentation voire à la suppression des limites de revenus dans le cadre du travail autorisé des pensionnés.Par ailleurs, il faut aussi garantir les pensions.

Opladis : Est-ce que, offrir aujourd’hui la possibilité de travailler au delà de l’âge actuel de la retraite, ce n’est pas ouvrir la boîte de Pandore pour un « devoir » travailler un peu plus longtemps demain ?
Il ne faudrait pas, bien sûr, que cela soit imposé. Moi, personnellement, si vous m’empêchiez de travailler, je serais tout à fait malheureux, mais il ne faut pas que ce soit une obligation, ni même à plein temps. Un des points que j’ai développé est l’idée d’une boîte de disponibilités. Cela consiste à dresser un inventaire des disponibilités qui pourraient servir à la société. Cela permettrait aux personnes plus âgées de se sentir encore utiles.

Opladis : Il y a quand même des dangers. Par exemple, qui nous dit que, dans les milieux économiques, on ne va pas avoir tendance à recourir aux pensionnés pour leur proposer des temps partiels (une personne dans ce cas est généralement réputée plus productive qu’un temps plein), ce qui évite de devoir cotiser pour une pension qu’il a déjà ? Ne craignez-vous pas les effets pervers ? Par exemple, que la tranche d’âge 45-60 soit considérée comme trop vieux pour être conservée par l’entreprise alors qu’on irait chercher des plus vieux qui viendrait simplement travailler en complément de leur pension?
La plupart des retraités qui ont fait de longues carrières sont saturés par le travail et ne pensent pas à reprendre. Ce qu’il faut, c’est permettre à ceux qui le souhaitent de rester actifs au-delà de l’âge de la pension.

Notre société est au centre d’une évolution qui marie à la fois la modification de la pyramide des âges et le besoin croissant de qualification professionnelle.Les seniors tout comme le reste de la société devraient retirer un avantage de la possibilité offerte aux pensionnés d’exercer une activité professionnelle.

Opladis : Enfin, aspect moins essentiel que vous revendiquez dans votre Manifeste: la courtoisie au volant et le droit, pour les seniors, de continuer à être des usagers de l’automobile. Est-ce là une réponse aux assurances qui auraient tendance à jouer la carte inverse ?
Si on voulait me supprimer ma voiture, je me sentirais interpellé. Qu’est-ce qu’un bon conducteur ? Je fais un parallèle avec les travailleurs. Si vous êtes soudeur mais que vous restez 20 ans sans souder, quand vous reprendrez votre fer, vous ne saurez plus. De même, on est conducteur en conduisant. Le bon conducteur est celui qui conduit souvent sa voiture. Je suis donc pour le maintien de ce droit aux personnes âgées. Mais nous ne sommes pas les syndicalistes des seniors: nous soulignons les problèmes pour les relayer vers d’autres instances.

Opladis : Vous êtes membre d’une instance wallonne qui vous permet de vous concerter avec vos homologues d’autres formations politiques.
Il s’agit du Conseil wallon du 3ème âge. On y s’intéresse essentiellement aux maisons de repos et à la façon dont les seniors y sont traités. Ce Conseil est d’ailleurs en grande partie formé par des gestionnaires de maisons de repos, ainsi que par quelques aînés qui s’y trouvent aussi et qui donnent leur avis.

Opladis : Merci Monsieur Rousseau. Bon travail à la tête des Seniors Réformateurs !

Une interview réalisée par Luc Verton pour compte de Opladis
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